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Afrique

Procès Compaoré : le tout début de la réconciliation

Au Burkina Faso, le procès des 34 ministres du dernier gouvernement Compaoré aurait dû s’ouvrir ce jeudi devant la Haute cour de justice. Mais les avocats commis d'office ont demandé un report.

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"Les ministres n'ont pas tiré sur les manifestants" (Siaka Coulibaly)

Au Burkina Faso le procès des 34 ministres du dernier gouvernement Compaoré devait s’ouvrir ce jeudi devant la Haute cour de justice. Il est une nouvelle fois reporté. Cette fois-ci au lundi 8 mai, deux des avocats commis d’office ont demandé plus de temps pour étudier leurs dossiers.

Les 34 accusés sont poursuivis pour leur implication présumée dans la répression de l’insurrection populaire d’octobre 2014. Une insurrection qui a renversé Blaise Compaoré, lequel est toujours en exil en Côte d’ivoire. C’est donc par contumace que le président va être jugé. Non pas d’ailleurs comme ancien président, mais comme ancien ministre de la défense. 

Un frein à la réconciliation 

En revanche, les soldats et gendarmes qui ont tiré sur la population, faisant une trentaine de morts, ne sont pas inquiétés. C’est précisément ce que dénoncent les familles des victimes. Et selon le juriste burkinabé Siaka Coulibaly, l’absence des exécutants sur le banc des accusés est un frein à la réconciliation : "Le fait qu’il y ait les ministres qui doivent passer devant la justice, cela crée beaucoup d’interrogations. Ce ne sont pas les ministres eux-mêmes qui ont tiré sur les manifestants. Donc cela suppose qu’il y a des auteurs, et là on les voit pas toujours pas dans le cadre de ce procès. Il y a un sentiment mitigé quant aux potentiels de ce procès à entraîner la vraie justice, la vérité et la réconciliation."

La société civile reste prudente

Eh bien là, la prudence reste de mise quant à l’impact du procès sur la réconciliation. Le Balai citoyen, par exemple, a joué un rôle prépondérant dans les manifestations contre le régime Compaoré. Aujourd’hui  il prend acte de l’ouverture du procès, mais attend de voir la suite. C’est ce que m’a précisé Serge Bambara, porte-parole du Balai citoyen : « Il ne peut pas y avoir de réconciliation quand il n’y a pas de justice. Si c’est un début a l’ouverture de tous les procès que nous attendons, tant mieux. Je crois que c’est un procès symbolique. Nous allons juger de la capacité de la justice burkinabè, de sa volonté réelle de vouloir dire le droit, a l’issue de ce procès.»

Un procès donc, qui ne devrait être qu’un début dans la quête de justice.  Raison pour laquelle lors des manifestations du 1er mai les syndicats burkinabé ont dénoncé l’impunité des auteurs de crimes de sang et crimes économiques commis sous le régime Compaoré. 
 

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