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Vu d'Allemagne

Plus de 300 morts au Kenya

Les journaux allemands analysent ce matin encore les émeutes post-électorales au Kenya, en train de se commuer en affrontements ethniques.

Manifestation de l'opposition, à Nairobi

La Süddeutsche Zeitung cite une interview qu’elle a menée avec Raila Odinga, qui conteste sa défaite face à Mwai Kibaki à la présidentielle. Le leader luo de l’opposition explique qu’il renonce à faire appel à la justice pour dénoncer les fraudes et réclamer un nouveau décompte des voix, étant donné que les juges sont tous, selon lui, assujettis au pouvoir en place. La SZ cite également le président de la commission électorale, Samuel Kivuitu, qui a reconnu avoir été mis sous pression pour prononcer la victoire du président sortant. Raila Odinga récuse par ailleurs les accusations de « génocide » proférées à son encontre par Mwai Kibaki, qui affirme que les Luos avaient prévu de massacrer les Kikuyus avant le scrutin. Raila Odinga rétorque qu’au contraire, c’est la police qui tire arbitrairement sur les manifestants et fait ainsi augmenter chaque jour le nombre de victimes.

« Chasse à l’homme au Kenya », titre la tazeszeitung qui poursuit : « 75 000 personnes obligées de fuir, au moins 300 morts, des massacres et des églises en flammes : en quelques jours, le Kenya qui était l’état le plus stable d’Afrique s’est commué en zone de guerre civile ». La taz estime cependant que les accusations de « génocide » ne servent à rien, il ne s’agit pour le journal que de tentatives de diversion du gouvernement, pour faire oublier les fraudes. D’ailleurs, le quotidien note que le régime n’entreprend rien pour contrer les tueries, alors que la priorité absolue serait désormais de protéger les civils, quelle que soit leur appartenance ethnique, d’éteindre le brasier et de tout faire pour réconcilier le pays.

La Frankfurter Allgemeine Zeitung a interrogé quant à elle le libéral Alexander Graf Lambsdorff, à la tête de la délégation d’observateurs dépêchés pour le scrutin par l’Union européenne. Selon lui, les fronts se sont durcis ces dernières 48 heures, une situation intenable à la longue et qui devrait conduire inéluctablement à des négociations entre les deux parties. Et, toujours d’après Alexander Graf Lambsdorff, il revient à l’Union européenne, aux Etats-Unis et à l’Union africaine d’aider le Kenya à calmer le jeu. Le chef de la mission européenne reconnaît la tournure ethnique que prennent les affrontements et estime qu’il ne peut être question d’établir un « gouvernement d’union nationale » que si l’ensemble des groupes y sont représentés. La FAZ publie d’ailleurs en encadré un récapitulatif des principales ethnies du pays, qui en compte une quarantaine, sources d’instabilité, de longue date.

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