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Afrique

Pierre Claver Mbonimpa parle à la DW

Dans une interview exclusive au micro de notre correspondante Domitille Kiramvu, l'activiste burundais des droits de l'Homme parle de l'attentat contre lui et déclare qu’après sa guérison, il retournera au Burundi.

Écouter l'audio 02:05

"J'ai reconnu une personne qui travaille au service national de renseignements...."

Pierre Claver Mbonimpa a été interrogé par notre correspondante Domitille Kiramvu. Le président de l'Aprodh, la ligue burundaise des droits de l'Homme, s'est entre autres exprimé sur le refus du président burundais Pierre Nkurunziza de négocier avec les opposants regroupés au sein du Conseil national pour le respect de l'accord d'Arusha (CNARED) et la restauration d'un état de droit au Burundi. Pour Pierre-Claver Mbonimpa, le président Nkurunziza devra dialoguer - qu'il le veuille ou non.

Pierre-Claver Mbonimpa, défenseur renommé des droits de l'Homme au Burundi, a été blessé par balles le 3 août à Bujumbura, au lendemain du meurtre du bras droit du président Pierre Nkurunziza, le général Adolphe Nshimirimana.
Burundi Proteste Pierre Claver Mbonimpa

Vu son engagement pour les droits humains, certains appellent Pierre Claver Mbonimpa "le Mandela burundais".

Voici la retranscription de l'entretien, mené en Belgique par Domitille Kiramvu (cliquez ici pour la version en kirundi) :

Pierre Mbonimpa : Le 3 août, à 12h00, quand je suis sorti du bureau, j'ai vu une moto qui transportait des personnes. J'ai reconnu une personne qui travaille au service national de renseignement. Arrivé à quelque 800 mètres de chez moi, nous nous sommes heurtés à une camionnette qui nous a barré le passage. Alors derrière, j'ai vu directement une moto qui venait nous dépasser en passant par ma gauche. Quand je me suis tourné pour voir cette moto, directement j'ai perdu connaissance, pendant au moins une minute. Quand j'ai repris connaissance, j'ai trouvé que j'étais plein de sang et j'ai conclu qu'on venait de tirer sur moi.

DW : Monsieur le président, comment est-ce que vous comptez continuer votre combat de défenseur des droits humains ?

PM : Ecoutez, notre travail, c'est un travail noble. C'est un travail de bonheur avec des risques de malheur. C'est ce que tout défenseur des droits de la personne humaine doit savoir. C'est ça que nous devons supporter. Et c'est ça je supporte, même aujourd'hui. J'ai de l'expérience. Ce n'est pas la première fois. J'ai été interpellé maintes fois au parquet. J'ai été arrêté, j'ai été emprisonné. Et maintenant, j'arrive au stade de mon assassinat. Mais tout ça, je dois le supporter parce que le travail de défenseur des droits de l'Homme doit supporter n'importe quel malheur. Une fois que j'aurai trouvé ma santé, je dois absolument rentrer dans le pays pour continuer à défendre les droits de la personne humaine. Sinon, si j'abandonne, ils pourraient m'accuser même de trahison. Je dois absolument continuer jusqu'à la fin de ma vie."
DW : Monsieur le président, Pierre Nkurunziza a déclaré vendredi 23 octobre, qu’il ne dialoguera jamais avec les opposants regroupés au sein du CNARED, qu’il ne dialoguera jamais avec les putschistes. Quel est votre commentaire ?

PM : Quand il y a dialogue, ce n’est pas ceux qui font partie du dialogue qui décident. Pierre Nkurunziza, qu'il le veuille ou pas, il devra, fin des fins, participer au dialogue. Je ne crois pas que Nkurunziza est plus fort que Buyoya. Buyoya était plus fort que Nkurunziza. Mais, à la fin des fins, Buyoya a accepté le chemin du dialogue. Alors aujourd'hui, ce n'est pas Nkrunziza qui accepte la voie de dialogue. Il est contraint. C'est l'Union africaine qui vient de décider. C'est les Etats-Unis. C'est les Nations Unies qui sont en train d'exiger la voie de dialogue. Alors Nkurunziza ne peut pas prendre une décision que lui va dialoguer avec tel ou tel.

DW : Monsieur le président, avez-vous une dent contre celui qui a attenté à votre vie ?

PM : Moi, franchement, je ne peux pas avoir une dent contre lui. Je suis chrétien. La voix du Seigneur nous dit toujours, pardonnez celui qui vous a fait du mal. Alors pour moi, j’ai beaucoup pardonné. Ce n’est pas la première fois que je traverse un malheur pareil. J’ai traversé les évènements de 72, les évènements de 93. Mon père est mort. Ma mère est morte. Je n’ai pas pu aller assister à leur enterrement. Dernièrement, mon gendre a été assassiné. Je n’ai pas participé à son enterrement. Pour dire que, franchement, je dois pardonner à tout le monde.
***
Quelques jours après l'attentat, l'activiste a quitté le Burundi pour se faire soigner en Belgique. Vu son état de santé, il n'avait pas encore accordé d'interview à la presse internationale avant de parler à la Deutsche Welle.

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