Peut-on vivre avec 600 euros par mois ? | Carrefour Europe | DW | 09.02.2012
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Carrefour Europe

Peut-on vivre avec 600 euros par mois ?

Le gouvernement grec a été contraint d'accepter de nouvelles réductions des dépenses qui se font au détriment des couches déjà précarisées de la population. L'Europe promeut-elle encore le bien-être de ses peuples?

Anti-austerity protesters burn a European Union flag before a military parade in the northern Greek port city of Thessaloniki, Friday, Oct. 28, 2011. Thousands of anti-austerity protesters in the city forced the cancellation Friday's annual military parade commemorating Greece's entry into World War II. The demonstrators heckled Greek President Karolos Papoulias and other attending officials, calling Papoulias a traitor. (Foto:Nikolas Giakoumidis/AP/dapd)

Des manifestants à Athènes brûlent le drapeau européen

Amadeu Altafaj, le porte-parole d'Oli Rehn, le Commissaire européens aux Affaires économiques et monétaires, a cette semaine laissé entendre aux journalistes présents à la conférence de presse quotidienne de la commission que 700 à 800 euros par mois de salaire minimum, en Grèce, c'est encore trop et que d'autres pays, comme l'Espagne et le Portugal, ont prouvé qu'on peut faire plus d'efforts. Pour rassurer le porte-parole de la commission européenne, la Grèce, le couteau sous la gorge, a fait des efforts supplémentaires cette semaine en baissant encore le salaire minimum de 22%, un salaire qui a été ramené à 586 euros bruts par mois. Voilà qui devrait faire plaisir aux fonctionnaires de la commission qui pourront ainsi actualiser leurs statistiques.

Mais soyons sérieux une minute : est-il décent de réclamer aux Grecs de vivre avec un salaire minimum de 586 euros alors que le seuil de pauvreté dans ce pays est de 752 euros selon les chiffres publiés en 2010 par l'Observatoire des inégalités ? Est-ce décent de forcer une partie toujours plus grande de citoyens européens de vivre au seuil de pauvreté, voire légèrement en-dessous, et ceci en contradiction avec les articles 2 et 3 du Traité de l'Union européenne qui stipulent que « L'Union est fondée sur les valeurs de respect de la dignité humaine » et que « L'Union a pour but de promouvoir le bien-être de ses peuples » ?

Far-right leader George Karatzaferis (L), conservative party leader Antonis Samaras (2nd L), Prime Minister Lucas Papademos (C) and Socialist leader George Papandreou meet at the Prime Minister's office in Athens February 8, 2012. Greek party leaders finally gathered on Wednesday to agree a reform deal in return for a new EU/IMF rescue to avoid a chaotic default, after repeated delays which have prompted warnings that the euro can live without Athens. REUTERS/Yiorgos Karahalis (GREECE - Tags: POLITICS BUSINESS)

Le Premier ministre grec Lucas Papademos a trouvé un accord sur les réformes avec les représentants des deux autres grands partis

Perte de contact avec la réalité

Enfin, parce qu'il y a des jours où on a envie de donner des coups bas, est-il décent de forcer des hommes, des femmes et leurs enfants à vivre en Europe avec 500 euros par mois lorsqu'on touche soi-même plus de dix fois cette somme ? Pour mémoire, il faut préciser que le salaire d'un fonctionnaire européen débute à 3500 euros bruts par mois et peut atteindre 18 000 euros selon le poste et l'ancienneté. Il n'y a sans doute rien à ajouter pour illustrer la perte de contact des fonctionnaires bruxellois avec la souffrance des populations.

Enfin, pour rester sur ce même thème de l'Europe qui se fait détester par les populations, nous avons interrogé avant cette émission un eurodéputé du groupe des Verts qui se préoccupe de cette dégradation sociale qui est en contradiction, qui plus est, avec les objectifs 2020 de lutte contre la pauvreté.

Cet eurodéputé, c'est l'Allemand Sven Giegold.

MADRID, 31/01/2012.- Spanish Judge Baltasar Garzon, arrives at the Supreme Court in Madrid, Spain, 31 January 2012. Garzon faces a trial on abuse of power charges for declaring himself competent to investigate the crimes during Franco's dictatorship. Spanish High Court has rejected to declare null Garzon's case, for what the trial will continue with the statement of the judge as defendant. EFE/Paco Campos

Le juge Baltasar Garzon est encouragé par ses partisans à son arrivée à son procès à Madrid

Pacte du silence

Comme prévu nous allons en Espagne. Pour l'étrange histoire d'un juge vedette qui voit sa carrière ruinée, en partie car il a voulu enquêter sur le franquisme. Cet homme c'est Balthasar Garzon, le juge qui a traqué Augusto Pinochet, l'ancien dictateur chilien. Il vient d'être condamné à onze ans 11 ans d'interdiction d'exercer par la justice espagnole pour une affaire d'écoutes illégales, ce qui met sans doute fin à sa carrière de magistrat.

La décision du Tribunal suprême tombe après la mise en délibéré, mercredi, d'une autre affaire beaucoup plus sensible : le procès qui le vise pour avoir enquêté sur les plus de 100.000 disparus du franquisme pendant la guerre civile entre 1936 et 1939 puis sous la dictature jusqu'en 1975. Cette enquête du juge Garzon, selon les deux associations d'extrême droite qui ont porté plainte, est contraire à la loi d'amnistie votée en 77. Une loi qui instaure un pacte du silence.

C'est un reportage de Henry de Laguérie.

Auteur : Jean-Michel Bos
Edition : Elisabeth Cadot

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