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Vu d'Allemagne

Percée historique

« Percée historique », les qualificatifs employés par les ministres des Finances du G8 n’ont pas été trop forts ce week-end pour saluer l’accord conclu à Londres sur l’annulation de la dette des pays les plus pauvres. La presse allemande ne se laisse pas aveugler par cet effet d’annonce et revient sur la situation générale de manière critique.

Pour qu'eux aussi puissent avoir une vie meilleure, le G8 annule la dette des pays les plus pauvres...

Pour qu'eux aussi puissent avoir une vie meilleure, le G8 annule la dette des pays les plus pauvres...

Pour la Frankfurter Rundschau, avec cette remise de dette, les Britanniques, acteurs majeurs de la résolution, veulent introduire un autre type de rapports entre pays riches et pays pauvres. En effet, il ne s’agit là que d’un premier pas. Les sommes en question sont plutôt maigres face au volume financier nécessaire pour éradiquer durablement la pauvreté. Pourtant, cette remise de la dette démontre également qu’avec la pression nécessaire, les progrès sont toujours possibles dans ce domaine.

La Tageszeitung de Berlin revient sur ce qu’elle appelle les « clauses en petits caractères » de la résolution. Et en premier, la fameuse réserve de financement. A une époque où tous les gouvernement industrialisés font preuve de prouesses comptables pour combler les trous de leurs budgets, il est à craindre qu’au bout du compte, un jeu de passe-passe comptable permette de déduire les sommes ainsi annulées des montants versés au titre de l’aide au développement. Si tel était le cas, l’initiative de Londres n’aurait aucun sens.

La Frankfurter Allgemeine Zeitung elle aussi s’interroge : l’argent ainsi libéré sera-t-il vraiment injecté comme prévu dans l’Education et la Santé ? La lutte contre la corruption qui a si longtemps étouffé les initiatives de désendettement sera-t-elle efficace ? Sur le plan de la politique financière, cet effacement de la dette est un très mauvais signal. Il aurait été préférable de permettre aux pays concernés un accès plus libre aux marchés globaux et régionaux.

De même pour Die Welt. Cette remise de la dette des pays les plus pauvres coûtera de l’argent aux pays industrialisés qui sont les bailleurs de fonds des grandes institutions bancaires internationales. A long terme cependant, le calcul pourra s’avérer juste s’il réduit le fossé existant entre pauvres et riches. En effet, on ne fait pas de politique durable en jouant sur la mauvaise conscience des nantis, mais en faisant preuve d’empathie et de calcul objectif. Si leur niveau de vie s’accroît, les pays les plus pauvres deviendront de nouveaux partenaires économiques. Mais pour cela, ils doivent pouvoir proposer leurs produits sur le marché.

  • Date 13.06.2005
  • Auteur Christophe LASCOMBES
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