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Dossier

« Ossis » ou « Wessis », peu de différences

Les jeunes d'Allemagne de l'est n'ont pas l'impression d'être très différents de ceux de l'ouest. Pourtant, ils ont grandi dans une autre Allemagne. Ils sont nombreux à vouloir s'établir à l'ouest après leur scolarité.

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Lycée Karl Liebknecht à Francfort-sur-l'Oder

Francfort-sur-l’Oder est située tout près de la frontière avec la Pologne. Géographiquement, en Allemagne, il est difficile de faire plus à l'est. Pour certains Allemands de l'ouest, l'endroit est synonyme de chômage élevé et de décrépitude. Les élèves du lycée Karl-Liebknecht sont agacés par ce genre de préjugés. « Quand on parle de nous, c'est seulement à propos de chômage ou d'extrême-droite », regrette Florian Hundertmark, 17 ans.

Schüler Gymnasium Frankfurt an der Oder

Florian Hundertmark, Käthe Hahn et Jörn Himmstedt

Florian et ses copains, Käthe (18 ans) et Jörn (16 ans), vont souvent se balader au bord de l'Oder. Sur l'autre rive, on entend les cloches de l'ancienne église Sainte-Marie de la ville polonaise de Slubice. « En fait, on pourrait faire des trucs super ici, estime Jörn, mais tout le monde quitte la ville. ».

Près de 30.000 habitants en moins à Francfort-sur-l'Oder

Lorsque les jeunes de Francfort-sur-l'Oder pensent à la réunification, à l'Allemagne de l'ouest, ce n'est ni la politique ni l'histoire qui leur vient spontanément à l'esprit. C'est leur avenir sur le marché du travail. Avec 11,5%, le taux de chômage à l'est est presque deux fois supérieur à celui de l'ouest. En 1990, la ville comptait encore 88.000 habitants. En 20 ans, elle en a perdu près de 30.000. Käthe, Jörn et Florian ne feront pas exception à ce mouvement d'exode. Florian veut étudier la construction automobile, et selon lui ce n'est possible qu'à l'ouest. « Pourtant, j'aimerais bien rester dans la région », explique-t-il.

Deutschland Einwohnerschwund in Frankfurt Oder

Les immeubles symboles de la RDA sont vides ou ont été rasés

Vingt ans après la réunification, ce sont surtout des considérations économiques qui différencient la jeunesse de l'est et de l'ouest. A part cela, les jeunes sont relativement d'accord : « nous faisons partie d'un seul et même pays, estime Jörn. Le Mur est encore dans toutes les têtes mais je pense que petit à petit, cela est en train de s'estomper ». Les jeunes lycéens ne connaissent que l'Allemagne réunifiée : ils sont nés entre 1992 et 1994.

Une jeunesse très semblable à l'est et à l'ouest

Loisirs, clubs de sport, stars préférées ou encore vacances à Majorque : dans les deux parties de l'Allemagne, les jeunes semblent grandir avec les mêmes références culturelles. Les sondages confirment cette impression. Selon Thomas Gensicke, de l'Institut de sondage TNS Infratest, si l'on compare l'est et l'ouest par tranche d'âge, « les jeunes sont sans doute la frange de la population qui compte le plus de ressemblances ». Le chercheur est lui-même un ancien « Ossi », du nom donné aux habitants de l'est. Né à Magdebourg, il s'est installé à l'ouest après la réunification et a fait de son histoire personnelle sa spécialisation professionnelle.

Protestaktion gegen Rechtsextremismus in Halbe Brandenburg

Les jeunes de l'est plus politisés

Certaines disparités demeurent malgré tout, explique Thomas Gensicke. Les jeunes de l'est sont par exemple plus sceptiques quant au système politique. « Lorsque l'on interroge des jeunes sur le bon fonctionnement de la démocratie, ceux de l'est sont plus nombreux à relever ses manquements », explique-t-il. Une enquête comparative a en outre récemment montré que les jeunes de l'ouest sont plus optimistes face à l'avenir que ceux de l'est.

Heureux de vivre dans un pays unifié

Les jeunes de l'est sont-ils pour autant nostalgiques de l'ancien système, sans même l'avoir connu ? Non, rassurent les élèves du lycée Liebknecht. « Nous sommes très heureux de l'unité allemande », affirme Inka Sörries, qui passe son baccalauréat dans un an. « Il y avait de nombreuses restrictions au niveau des libertés en RDA, par exemple concernant la libre circulation. » Le Mur est peut-être encore dans les têtes, mais il est bel et bien tombé. Et les jeunes savent que s'ils déménagent à l'ouest, ils sont libres de revenir à tout moment s'installer à Francfort-sur-l'Oder.

Auteur : Benjamin Hammer, Anne Le Touzé
Edition : Sandrine Blanchard

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