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International

"On ne peut pas renvoyer les migrants en Libye"

L'UE veut soutenir la Libye pour pouvoir y rapatrier les migrants interceptés en Méditerranée. L'envoyé spécial de l'Onu pour la Libye, Martin Kobler, n'approuve pas l'idée.

Des milliers de migrants meurent chaque année en tentant de traverser la Méditerranée pour rejoindre l'Union européenne. Une majorité d'entre eux embarquent à partir des côtes libyennes. Les dirigeants européens ambitionnent donc de fermer la route de la Méditerranée centrale en apportant un soutien renforcé à la Libye. Mais le plan présente de nombreuses failles. 

Des conditions indignes dans les camps de réfugiés

Bruxelles veut faire de la Libye sa nouvelle frontière extérieure pour les migrants qui y passent avant de rejoindre l'Europe. Le plan européen discuté ces derniers jours prévoit donc de former les garde-côtes libyens pour intercepter les embarcations avant qu'elles n'entrent dans les eaux territoriales internationales. Cela permettrait de rapatrier les migrants vers la Libye où l'UE prévoit de construire des centres d'accueil sécurisés.

Aussitôt annoncée, la mesure a provoqué une levée de boucliers de la part d'ONG de défense des droits de l'Homme. Elles dénoncent des mesures « de refoulement » qui ne feraient qu'aggraver la situation des migrants maltraités dans des centres gérés à l'heure actuelle par des milices. Un avis que partage l'envoyé spécial de l'Onu pour la Libye, Martin Kobler :

"Il y a des viols, des coups… parfois des migrants sont abattus. Cet arbitraire, cette anarchie auxquels les migrants sont exposés… On ne peut pas, dans les conditions actuelles, envisager de rapatrier des migrants en Libye. C'est tout à fait inacceptable."

Le défi de la stabilisation

Selon l'Union européenne, environ 1,3 million de personnes ont actuellement besoin d'une aide d'urgence en Libye. Des conditions humanitaires désastreuses d'un côté, et de l'autre, une situation politique instable. Le gouvernement d'union nationale, dirigé par Fayez al-Sarraj, est contesté par plusieurs groupes armés. Il n'a pas le contrôle de tout le territoire. Difficile pour les Européens de négocier avec un État sans interlocuteur stable. Mais pour Martin Kobler, il faut faire preuve de patience :

"On ne peut pas prédire d'ici combien de temps l'État se sera reconstitué. La Libye a rarement eu des institutions fortes dans son histoire. Le pays se remet de 42 ans de dictature de Kadhafi, deux générations ! Il est donc difficile d'obtenir tout en une nuit. Les Libyens le savent, et la communauté internationale le sait."

Plus de 181.400 migrants ont emprunté la route de la Méditerranée centrale en 2016. Les ministres des Affaires étrangères des 28 pays de l'UE ont appelé lundi les autorités libyennes à "redoubler d'efforts" pour faire respecter les droits des migrants dans les centres de détention.

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