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Afrique

Occidentaux entre actes et paroles en Égypte

Les occidentaux sont face à un dilemme en Égypte. Peuvent-ils se taire devant un putsch manifeste de l'armée pour destituer Mohamed Morsi, au risque de se brouiller avec un allié stratégique à la porte du Proche-Orient ?

Partisans d'Abdel-Fattah al-Sissi à gauche, et de Mohamed Morsi à droite

Partisans d'Abdel-Fattah al-Sissi à gauche, et de Mohamed Morsi à droite

Mohamed Morsi va bien et il a accès aux informations. Voilà le principal message qu'a transmis la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, depuis l'Égypte. La diplomate a pu rendre visite au président déchu, détenu dans un endroit gardé secret.

Malgré ces propos rassurants, il n'en reste pas moins que les diplomates européens sont dans une situation délicate, face à l'Égypte. Leur silence au moment du putsch qui a renversé Mohamed Morsi, le 3 juillet, a fait douter de leur réel attachement aux valeurs démocratiques qu'ils claironnent. D'un autre côté, une condamnation trop ferme de l'armée égyptienne au pouvoir les empêcherait de continuer à discuter avec les autorités.

Catherine Ashton au Caire avec le président par intérim, Adly Mansour

Catherine Ashton au Caire avec le président par intérim, Adly Mansour

Une situation géographique de choix

Entre Afrique et Proche-Orient, l'Égypte occupe une position stratégique. Alors les Européens – et les Américains – ne veulent surtout pas y perdre leur influence. Ni Washington ni le gouvernement fédéral allemand ne regrette le président déchu, Mohamed Morsi, et les Frères musulmans.

Toutefois, la manière employée par l'armée pour les destituer complique un peu la donne. Günter Meyer, qui dirige le Centre de recherche sur le monde arabe de l'Université de Mayence, observe ainsi :

« Les gouvernements occidentaux tentent de mettre en avant les valeurs démocratiques, mais là, peu importe comment on tourne la chose, il s'agit d'un putsch militaire. »

"Putsch militaire", un terme que les États-Unis ont évité d'employer, pour contourner le dilemme que leur posent les dernières évolutions en Égypte. Washington soutient en effet l'armée égyptienne à hauteur d'1,5 milliard de dollars par an, or une règle stipule aux États-Unis que l'État ne peut appuyer militairement un régime putschiste.

Le ministre allemand des Affaires étrangères a appelé plusieurs fois les nouvelles autorités à autoriser les manifestations pacifiques

Le ministre allemand des Affaires étrangères a appelé plusieurs fois les nouvelles autorités à autoriser les manifestations pacifiques

Démocratie et/ou stabilité ?

De l'avis d'un autre chercheur, plus que la démocratie, c'est surtout la stabilité du pays dans cette région explosive qui importe aux occidentaux depuis cinquante ans.

Christian Achrainer, spécialiste de l'Égypte au sein de la Société allemande de politique étrangère, DGAP, relève la contradiction entre le discours et les agissements des diplomates européens et américains :

« En fait, sous Moubarak, l'occident a beaucoup misé sur la stabilité. Il fallait avant tout garantir la sécurité énergétique, la lutte contre le terrorisme, que le traité de paix avec Israël ne serait pas mis à mal, et, ce qu'ont critiqué beaucoup d'Égyptiens et d'observateurs occidentaux, on a négligé la démocratisation. »

Des divisions entre les 28

La diplomatie occidentale mise désormais de plus en plus sur un soutien assorti de conditions.

À cela, deux problèmes majeurs se posent, que note Christian Achrainer : pour que cette pression soit efficace, il faut d'abord être en mesure de proposer quelque chose de vraiment alléchant au partenaire et surtout, il faut que les 28 États européens tombent d'accord, en dépit de leurs intérêts respectifs, souvent contradictoires.

Deux raisons pour lesquelles l'influence de l'Europe sur la politique égyptienne actuelle reste limitée.

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