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Dossier spécial

Où est passé le maïs du Kenya ?

Environ 20 millions de personnes risquent de mourir de faim en Afrique de l'Est. Au Kenya, la crise alimentaire est moins grave que dans les pays voisins mais se fait sentir au sein de la classe moyenne.

Le maïs est la principale nourriture pour la plupart des Kenyans

Le maïs est la principale nourriture pour la plupart des Kenyans

Des nuages sombres dans le ciel couvrent les champs de Kisilu Musya. Mais le fermier le sait déjà : ils n'apporteront pas la pluie tant attendue. Trois saisons des pluies sont déjà passées dans le sud du Kenya et seules quelques gouttes sont tombées. Le maïs de Musaya - sa principale source de revenus - s'est épuisé. 

Le Kenya et sa "crise du maïs"

Pendant sept ans, Musya a participé à un projet cinématographique qui documentait les changements climatiques dans sa région. Il a connu beaucoup de conditions météorologiques extrêmes : sécheresses et inondations. Mais rien de comparable à la situation actuelle.Au lieu de vendre sa récolte, le fermier doit maintenant acheter son maïs, la nourriture de base de la plupart des Kenyans.

La sécheresse a porté un coup dur aux récoltes

La sécheresse a porté un coup dur aux récoltes

Mais les portions qu'il peut se permettre de payer sont de plus en plus réduites. "Je ne peux rien faire, sur le marché le prix du maïs est de plus en plus élevé. Dans ce cas on ne peut pas l'acheter."

Dans la capitale Nairobi, ce qu'on appelle ici la "crise du maïs" a été à l'origine de violentes luttes politiques. Les prix du maïs ont augmenté de plus de 100%.

Le problème : les silos soi-disant bien remplis avec des réserves d'urgence étaient déjà vides peu après le début de la sécheresse. Le maïs a-t-il pourri ? A-t-il été volé ? Personne ne semble savoir.

 

Un système complètement corrompu

En réponse à la crise, le gouvernement a importé du maïs et lancé un programme de subvention pour baisser les prix. "Mais l'ensemble du système est complètement corrompu", explique l'expert financier Aly Khan Satchu. Surtout, les licences spéciales d'importation enrichiraient les hommes d'affaires et les politiciens.

"Au Kenya quand on parle du secteur privé, il y a souvent des connexions avec le secteur public. Parce que la plupart des entrepreneurs ayant réussi ont des appuis dans le public. Donc quand il est question d'importance, c'est qu'il y a forcément une connexion politique", poursuit-elle.

 

En attendant des solutions de la part du gouvernement, les habitants s'organisent eux-mêmes pour lutter contre la sécheresse

En attendant des solutions de la part du gouvernement, les habitants s'organisent eux-mêmes pour lutter contre la sécheresse

Le gouvernement au travail

En réponse aux accusations de corruption, James Oduor, directeur de l'agence nationale de gestion de la sécheresse, explique que le gouvernement a fait de son mieux pour contrer la pénurie de nourriture dans le pays. "Il y a beaucoup de problèmes avec les licences mais nous sommes en train de stabiliser la situation. Il y a beaucoup de navires avec du maïs qui arrivent", assure-t-il. Avant d'inviter ceux qui souhaitent de l'aide à se manifester et les autres "à se taire". 

Kisilu Musya, le fermier, a pour sa part cessé depuis longtemps d'attendre les solutions de Nairobi. Avec d'autres petits agriculteurs, il veut installer un système d'irrigation dans ses champs. Quelques tomates y sont déjà en pleine croissance. Et les fermiers espèrent pouvoir encore cultiver leur propre maïs la saison prochaine.

 

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