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Afrique

Nouvelle journée de manifestation au Togo

Au Togo, la journée a été plus calme ce jeudi. L'opposition avait appelé à de nouvelles manifestations mais celles-ci ont été moins massives.

Écouter l'audio 02:08

"Le danger, c’est beaucoup plus des règlements de compte communautaires" Gerry Tamaa (NET)

Un recul qui s'explique sans doute par la peur des violences qui ont fait quatre morts dans la seule journée de mercredi. La présence massive des forces de l'ordre mais aussi d'hommes cagoulés et armés a aussi dissuadé bon nombre de Togolais de descendre dans la rue. 

D'après les déclarations de l’opposition, la présence de miliciens n'est rien de nouveau. Déjà du temps de Gnassingbé père, le pouvoir togolais avait recours à ces hommes de main pour réprimer les manifestants. Depuis le 19 août dernier, date du  début des manifestations, des miliciens se sont infiltrés dans les rangs des manifestants  pour provoquer les forces de défense et de sécurité. 
Mais lors des deux dernières manifestations, leur présence était plus visible qu'auparavant. Et Gerry Taama, le président du parti Nouvel engagement togolais (NET) redoute le risque d’un conflit communautaire.

"Le danger, c’est beaucoup plus  des règlements de compte communautaires. Je crois que les forces de l’ordre ont pour mission d’empêcher une occupation de la voie publique. Je ne crois pas que des représailles puissent venir de la force publique. Mais je crains que d’autres communautés réagissent à la naissance de ces milices qui ont, par tradition, travaillé aux côtés du pouvoir en place. C´est pourquoi nous en appelons au calme et demandons à ce que ces milices disparaissent du paysage public. Le risque c’est que d’autres communautés puissent récupérer une bataille qui reste essentiellement politique."

Togo Protest gegen die Regierung (picture alliance/dpa/AA/A. Logo)

Les forces de l'ordre intervenant lors d'une manifestation au Togo

"Que chacun prenne sa responsabilité"

Côté gouvernement, le Colonel Yark Damehane, ministre de la Sécurité publique, reconnait avoir été alerté de la présence des gens cagoulés dans les rues lors de ces manifestations. Mais après vérification, il s’agirait plutôt, selon lui, de jeunes organisés pour défendre leur quartier.
"Je ne sais pas ce que vous appelez milice. Nous avons le devoir de faire attention, il y a des jeunes qui se sont organisés pour défendre leur quartier. J’ai même dit que ce n’est pas leur rôle, c’est le rôle de la police et de la gendarmerie. Vous savez, nos pays sont fragiles, la notion d’ethnie et de religion est encore réelle. Quand les gens  disent : d'où viennent ceux qui sont venus nous déranger, qu’est ce qu’ils veulent? Les gens sont tentés de dire : on va se défendre. Nous devons faire très attention. La démocratie est beaucoup plus compliquée en Afrique qu´en Europe. Que chacun prenne sa responsabilité pour le calme."

La crise que traverse le Togo depuis le mois d’août a eu beaucoup d'impact sur le pays. Outre les dégâts matériels, plusieurs citoyens togolais ont perdu la vie. Selon un bilan établi par Amnesty International, les manifestations ont fait à ce jour en tout huit morts dont quatre par balle. Parmi ces victimes, on dénombre deux militaires lynchés et deux enfants. 

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