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Afrique

Nkurunziza persiste et signe

Selon la société civile burundaise, plus de 100 personnes ont été tuées par les services de l'Etat, notamment certains policiers et certains agents des services des renseignements.

Domitille Kiramvu

"Une désobéissance civile est généralement difficile à réprimer car les gens n'ont aucune conviction morale de la légalité de leurs chefs."

Au moment où l'armée est tellement divisée, qu'elle pourrait même éclater à tout moment, après ce 20 août, le contrat légal de 10 ans entre Pierre Nkurunziza et le peuple burundais prend fin. Parce que Pierre Nkurunziza avec sa prestation de serment vient d'opérer un coup d'Etat constitutionnel.

Burundische Flüchtlinge in Ruanda

Le troisième serment présidentiel dePierre Nkurunziza

Il faut craindre une très grande vague de désobéissance civile. A partir de maintenant, selon des observateurs avisés, on n'a que des imposteurs, des violeurs de lois du sommet à la base à la place des institutions légales.

A partir de cette date, tout excès risque d'être permis.

Les Burundais pourraient ne plus reconnaitre l'OBR (Office Burundais des Recettes) comme institution qui collecte les taxes d'un gouvernement légal. Ceux qui paieront seraient désormais en train de remplir les poches d'une mafia qui a piétiné toutes les lois y compris la loi fondamentale et les accords d'Arusha.

Burundi Pierre-Claver Mbonimpa Menschenrechtsaktivist

Pierre-Claver Mbonimpa militant burundais pour les droits de l'homme

Les Burundais pourraient également ne plus reconnaitre la mission officielle de ce policier ou de ce militaire qui s'arrêtera pour faire un contrôle. Qui interviendra lors d'un vol, qui sécurisera leur quartier. Car son commandant suprême est désormais un certain Pierre Nkurunziza. Non reconnu ni par la loi, ni par son peuple ni par la communauté internationale. Le peuple n'aurait aucun compte à lui rendre.

Les Burundais pourraient aussi ne plus respecter la légalité et la légitimité des institutions du sommet à la base : le maire de la ville, les gouverneurs, les administrateurs, les chefs de quartiers, tous seraient devenus des imposteurs. Des inconnus et n'auraient aucun ordre à faire, selon toujours ces observateurs.

En plus des assassinats ciblés des dignitaires du CNDD FDD et des opposants, en plus des balkanisations des quartiers où les jeunes affiliés au parti au pouvoir en fraiche tenue de combat de l'armée semblent remplacer la police la nuit, en plus de tout cela, toutes les lois, tous les ordres, tous les projets venant des gens de ce président illégal risqueraient d'être systématiquement irrespectés, ignorés, ou simplement sabotés par le peuple. Dans cette campagne de désobéissance civile, il faudrait craindre une certaine connivence de l'armée. Parce qu'elle est suffisamment agacée par ce pouvoir qualifié d'illégal par les hommes de loi et les politologues, par le monde.

Burundi Oppositionsführer Agathon Rwasa

Agathon Rwasa , leader de l'opposition burundaise

Nkurunziza vient de démontrer son entêtement.

Il vient de défier le monde, la communauté nationale et internationale. Il pense qu'il va étouffer la désobéissance civile comme il l'a fait avec les manifestations anti troisième mandat. Les deux situations ne se ressemblent pas. Une désobéissance civile est généralement difficile à réprimer car les gens n'ont aucune conviction morale de la légalité de leurs chefs. Cela rappelle la phrase du chef de l'état rwandais le général Paul Kagame évoquant le cas du têtu Nkurunziza :" Comment un leader peut- il oser dire je vais vous diriger que vous le vouliez ou non?".

Nkurunziza aurait dû choisir de partir pour ne pas provoquer la perte d'autres vies humaines à l'instar de celle des mois passés lors de la contestation de son troisième mandat. Un petit rappel des faits: Selon la société civile burundaise, plus de 100 personnes ont été tuées par les services de l'Etat, notamment certains policiers et certains agents des services des renseignements.

Burundi Vereidigung Präsident Nkurunziza

Réfugiés burundais au Rwanda

Les mêmes sources font état de nombreuses personnes disparues. Plus de 600 personnes croupissent dans les différentes prisons. Selon les défenseurs des droits humains, elles sont torturées. Il parait que certaines parmi elles ne pourront plus remarcher. Plus de 200.000 personnes ont pris le chemin de l'exil. Elles vivent dans une misère sans nom .

Polizist in Bujumbura

La police est toujours prête à arrêter les personnes suspectes aux yeux du régime

Nkurunziza persiste et signe qu'il reste président. Il faut craindre d'autres protestations. Le pouvoir Nkurunziza ne manquerait pas de les réprimer. Il y aura protestations, répressions, et on reviendra à la case départ. Le président Nkurunziza n'a pas pensé aux nombreux Burundais qui risquent de périr durant ce mandat.

Pierre Nkurunziza aurait mieux fait de penser à un dialogue franc, sans faux fuyant, impliquant toutes les parties prenantes au conflit. Un dialogue qui aboutirait à l'organisation d'élections libres et inclusives.

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