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Afrique

Morsi dans le collimateur de la justice

Destitué par l'armée le 3 juillet, l'ex-président égyptien Mohamed Morsi est visé par une enquête pénale. Ses partisans restent mobilisés. Ils ont appelé à de nouvelles manifestations dès lundi.

Des manifestants pro-Morsi brandissent des portraits à l'effigie du président renversé

Des manifestants pro-Morsi brandissent des portraits à l'effigie du président renversé

Dix jours après son renversement par l'armée, l'étau judiciaire se resserre autour de Mohamed Morsi. Les services du procureur général ont publié samedi un communiqué affirmant avoir reçu des plaintes de particuliers contre lui et huit autres responsables islamistes, dont le guide des Frères musulmans, Mohamed Badie. Ils sont accusés d'espionnage, d'incitation à la violence et de mauvaise gestion économique.

Les camps rivaux ne cessent de manifester... aux abords du palais présidentiel, l'armée veille au bon déroulement du rassemblement anti-Morsi...

Les camps rivaux ne cessent de manifester... aux abords du palais présidentiel, l'armée veille au bon déroulement du rassemblement anti-Morsi...

Pour le moment, la justice n'a pas inculpé le président déchu, mais le dépôt de plaintes est la première étape de la procédure pénale qui permet au parquet de lancer des enquêtes pouvant déboucher sur des inculpations.

Autres poursuites judiciaires

Selon l'agence France Presse, Mohamed Morsi et d'autres membres des Frères musulmans sont par ailleurs déjà visés par une enquête de la Sécurité intérieure. L'ex-président aurait été interrogé, dimanche dans un lieu secret, sur les circonstances de son évasion de prison début 2011, pendant la révolte contre Hosni Moubarak.

L'enquête cherche en particulier à déterminer si la confrérie a bénéficié de l'aide de groupes étrangers comme le Hezbollah libanais ou le Hamas palestinien, ont précisé des sources judiciaires. En juin, un tribunal égyptien avait conclu que ces deux mouvements étaient impliqués.

La justice égyptienne a par ailleurs décidé de geler les avoirs de 14 hauts responsables islamistes, parmi lesquels Mohamed Badie. Une décision qui s'inscrit dans le cadre de l'enquête sur plusieurs heurts sanglants, notamment ceux du 8 juillet, qui ont entraîné la mort de 53 personnes au Caire.

Gehad El Haddad, porte-parole des Frères musulmans, a qualifié d'absurdes les accusations des autorités, qu'il a jugées elles-mêmes responsables des violences. « Elles commettent le crime puis en accusent leurs opposants. Tant qu'il y aura une force de police criminelle et une justice complice, les preuves apparaîtront et les juges seront satisfaits. Et les médias vendront cela au public », a-t-il dit.

Appels à des manifestations pacifiques

Depuis deux semaines, les partisans de Mohamed Morsi manifestent par milliers devant la mosquée Rabaa al-Adawiya, dans le quartier de Nasr City. Mais après les violences des premiers jours qui ont fait une centaine de morts, les rassemblements de vendredi ont été pacifiques, tant du côté des pro-Morsi que dans le camp d'en face.

... Et dans le quartier de Nasr City, les pro-Morsi manifestent par milliers

... Et dans le quartier de Nasr City, les pro-Morsi manifestent par milliers

Des centaines de manifestants anti-Morsi s'étaient également retrouvés place Tahrir, ainsi qu'aux abords du palais présidentiel, à la rupture du jeûne. Aucun incident n'a été signalé.

Les Frères musulmans ont de nouveau appelé à des manifestations pacifiques, lundi. Leurs revendications restent inchangées. Ils exigent le rétablissement immédiat du président dans ses fonctions, la tenue de législatives et la création d'une commission pour la réconciliation nationale.

Mohamed Morsi est retenu depuis le 3 juillet dans un « lieu sûr » où, selon le nouveau pouvoir, il est « traité dignement ». Mais il n'est pas apparu en public depuis son arrestation. L'Allemagne et les États-Unis ont appelé à sa libération.

Le gouvernement intérimaire bientôt prêt

Pendant ce temps, les tractations se poursuivent pour la formation d'un gouvernement intérimaire dirigé par Hazem Beblaoui, dont la composition devrait être annoncée officiellement en milieu de semaine prochaine.

D'après des sources officielles, citées par l'agence Mena, le ministre de l'Intérieur, Mohamed Ibrahim, et surtout celui de la Défense, le général Abdel Fattah al-Sissi - nouvel homme fort du pays, devraient garder leur poste. Et le portefeuille des Affaires étrangères devrait aller à l'ancien ambassadeur égyptien aux États-Unis, Nabil Fahmy.

Le Prix Nobel de la paix Mohamed ElBaradei, une figure de l'opposition, a quant à lui déjà prêté serment dimanche comme vice-président chargé des relations internationales.

Dans la presse allemande

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