Mexico, mon coeur, mon malheur | Culture | DW | 06.08.2010
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Culture

Mexico, mon coeur, mon malheur

Avec 20 millions d'habitants, Mexico est la deuxième plus grande ville du monde. Petite ballade dans la mégalopole mexicaine, accompagnés par l'un de ses habitants, l'écrivain Guillermo Fadanelli, qui y est né en 1963.

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Mexico, "megacity"

A Mexico, l'air n'est pas très respirable ; à 2300 mètres d'altitude, la forte pollution atmosphérique est même visible à l'œil nu. Pourtant, la ville fascine Guillermo Fadanelli et dans l'œuvre de l'écrivain, s'il est question de drogues, de brutalité, de prostitution, la métropole de Mexico aussi est omniprésente. Son roman intitulé L'autre visage de Rock Hudson, sorti en 2006 en français, lui a valu à la fin des années 1990 le prix national mexicain de littérature.

Guillermo Fadanelli est très connu dans sa ville. Peut-être parce qu'il a réussi à toucher le cœur de ses concitoyens en faisant de Mexico un personnage à part entière de ses romans.

« Il est difficile de réfléchir à une ville comme Mexico, d'en faire une fiction. C'est une ville qui pèse lourd sur les épaules et dont on ne peut pas se distancer. Moi, en tout cas, je n'y arrive pas. Elle est le sujet principal de mes livres. Elle est toujours là. »

Schriftsteller Guillermo Fadanelli Mexiko

Guillermo Fadanelli

Une ville hors norme, avec un annuaire de plus de 5000 pages, 108 000 taxis et 28 000 bus. Mexico, ce n'est pas une mégalopole de 20 millions d'habitants, c'est une mosaïque de 20 villes dans la ville, avec un million d'habitants chacune. Une sorte de centre urbain gigantesque et hyperconcentré.

« Cette ville est infinie. Elle croît de façon totalement anarchique. C'est pour ça que je l'appelle la métastase. Elle grandit dans tous les sens. Les politiciens veulent nous faire croire qu'elle est gouvernable, mais ce n'est pas vrai. »

Dans ses romans, Guillermo Fadanelli parle de la douleur de vivre à Mexico et de s'y sentir enfermé. Il ne se plaint pas, il ne juge pas la ville, il évoque simplement la misère et le mal qui y règnent en maîtres. Une vision qui a révolutionné la littérature mexicaine, de l'avis de Silvia Ruiz, de l'Université Iberoamericana, l'une des plus renommée de la ville et d'Amérique latine.

« J'aime sa façon désinvolte de représenter le mal. Ce qui m'impressionne, c'est que cet auteur, malgré sa culture humaniste, est capable de s'abstenir de tout jugement moral, philosophique ou métaphysique. »

Megacity Mexiko-Stadt

Mexico, une ville qui enferme? (Photos: DW / Claudia Herrera Pahl)

A en croire Guillermo Fadanelli, la corruption est le sport national mexicain. Il faut se battre contre elle dans toutes les situations du quotidien, face au chauffeur de taxi comme face à la police ou à ses voisins. Lui-même a dû en faire les frais quand il a voulu présenter son roman L'autre visage de Rock Hudson à la foire du livre de Guadalajara.

« Ils m'ont arrêté et glissé un gramme de cocaïne dans la poche de mon pantalon, ensuite ils m'ont accusé et mis dans une cellule où je n'avais pas accès au téléphone. J'y suis resté une journée entière sans pouvoir appeler qui que ce soit. J'ai finalement eu de la chance, parce que c'est une ville dangereuse. Son côté obscur est vraiment très sombre. Son côté ensoleillé est, lui, vraiment brillant, mais sa face sombre est terrifiante.»

Pourtant, après avoir vécu, entre autres, à New York et à Berlin, c'est bien dans sa ville natale que Guillermo Fadanelli a choisi de retourner.

Auteurs: Claudia Herrera-Pahl, Sandrine Blanchard
Edition: Marie-Ange Pioerron

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