Margot Käßmann démissionne | Vu d′Allemagne | DW | 25.02.2010
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Vu d'Allemagne

Margot Käßmann démissionne

Sa photo s’étale en première page de tous les grands quotidiens allemands: Margot Käßmann, la présidente du Conseil de l’Eglise protestante d’Allemagne.

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L'évêque de Hanovre Margot Käßmann avait été choisie en octobre dernier pour présider le Conseil de l’Eglise protestante d’Allemagne.

Suite à son arrestation pour conduite en état d'ivresse samedi dernier, la responsable religieuse a annoncé hier sa démission, moins de six mois après avoir pris les rênes de l'Eglise protestante.

En quelques mois seulement, Margot Käßmann avait donné des ailes à l'Eglise protestante d'Allemagne, écrit die Welt. Elle a su intéresser à la foi et à l'église des gens qui ne trouvaient pas d'usage à la Bible dans la vie quotidienne. A présent Margot Käßmann a tiré les conséquences du fait que la fonction de présidente du Conseil de l'Eglise protestante demandait certes du charisme, mais que le charisme personnel n'était pas plus important que cette fonction.

Käßmann Rücktritt

Personalité à la fois charismatique et controversée, Margot Käßmann n'avait pas que des amis au sein de l'Eglsie protestante.

Dès sa prise de fonctions, Margot Käßmann, une femme divorcée, s'était attaquée à plusieurs tabous, relève la Tageszeitung, par exemple avec ses critiques morales de la mission allemande en Afghanistan. En l'espace de ses huit premières semaines en fonctions, elle avait fait entendre la voix de l'Eglise dans le débat public beaucoup plus clairement que ne l'avait fait son prédécesseur en six ans. Après cet incident, le besoin de Margot Käßmann de se punir elle-même était visiblement plus important que la question de savoir si elle aurait pu résister aux pressions extérieures et rester à son poste. Dommage.

La Frankfurter Allgemeine Zeitung trouve de son côté irritant que Margot Käßmann ait agi contre la volonté du Conseil de l'Eglise protestante d'Allemagne Celui-ci avait estimé que l'incident de samedi soir n'était pas une raison suffisante pour démissionner. Car ce n'est pas pour rien que l'Eglise l'avait choisie à sa tête. C'est l'une des personnalités religieuses qui attachent le plus de valeur à l'authenticité. Et qui mieux qu'elle, qui est connue pour sa faillibilité, aurait pu intégrer un tel faux pas dans sa propre biographie ?

Ampel rot

Magrot Käßmann avait été arrêtée samedi dernier après avoir brûlé un feu rouge. Son taux d'alcool dans le sang était de 1,54 gramme par litre, cinq fois plus que la limite tolérée.

Une fonction, aussi haute soit-elle, n'est pas tout dans la vie, rappelle la Süddeutsche Zeitung. Savoir la quitter au bon moment est un art que beaucoup d'hommes politiques et de célébrités ne maîtrisent pas. Une erreur supplémentaire que Margot Käßmann ne voulait pas qu'on lui reproche.

De l'avis du Handelsblatt, la démission rapide de Margot Käßmann montre qu'elle applique à elle-même les standards moraux qu'ell e trace pour les autres. Cette affaire est tragique pour elle, mais aussi pour l'Eglise protestante, qui perd une présidente du Conseil qui ne prêchait pas « faites ce que je dis et pas ce que je fais », ou plutôt comme le disent si justement les Allemands, qui ne prêchait pas « de boire de l'eau alors qu'elle buvait du vin ».

Auteur : Aude Gensbittel

Edition : Audrey Parmentier

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