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Archives Afrique

Mali : l’élection aura-t-elle lieu à Kidal ?

Enlèvements, violences, tentative d'attentat... À sept jours de l'élection, la situation sécuritaire à Kidal fait planer le doute sur la possible tenue du scrutin dans cette région du nord-est, bastion des Touareg.

Soldats rebelles du MNLA dans les rues de Kidal

Soldats rebelles du MNLA dans les rues de Kidal

Samedi 20 juillet au matin, plusieurs hommes armés pénètrent dans la mairie de Tessalit près de Kidal (nord-est). Cinq agents électoraux et un élu local, chargés de la distribution des cartes d'électeurs, sont enlevés. Les otages, yeux bandés, sont emmenés à 150 kilomètres avant d'être relâchés le lendemain.

L'enlèvement n'a pas été officiellement revendiqué, mais dès samedi, le préfet de Tessalit et une source au ministère malien de la Sécurité avaient accusé les rebelles touaregs du MNLA. Selon le témoignage d'un des otages, les ravisseurs auraient utilisé "un véhicule avec un drapeau du MNLA".

Ces enlèvements surviennent au lendemain des affrontements meurtriers qui ont opposé, jeudi et vendredi, des jeunes Touaregs à la population noire à Kidal, faisant cinq morts et plus d'une dizaine de civils blessés. Des soldats maliens et des hommes de la Minusma, la force de paix de l'ONU, ont été déployés dans la ville.

Tiébilé Dramé, a retiré sa candidature à la présidentielle dénonçant un scrutin bâclé

Tiébilé Dramé, a retiré sa candidature à la présidentielle dénonçant un scrutin bâclé

Dimanche, le calme est revenu, mais le marché central et plusieurs boutiques incendiées étaient toujours fermés. Plus tard dans la journée de dimanche, la découverte d'une bombe artisanale a créé un vent de panique dans la ville ; l'engin a pu être désamorcé sans faire de victime.

« Le Mali n'est pas stabilisé »

Une source administrative confirme qu'en dépit de ces violences « tout sera mis en œuvre pour que les élections puissent avoir lieu le 28 juillet à Kidal ». Mais en dépit d'une "dynamique de succès militaires répétés", le Mali n'est pas "complètement stabilisé", estime le général Grégoire de Saint-Quentin, qui va prendre la direction des forces spéciales françaises après avoir mené l'opération Serval au Mali.

Dans une interview accordée à l'hebdomadaire français Le Journal du dimanche, l'officier souligne que « le Nord-Mali a été pendant un an sous la coupe des groupes terroristes qui ont mis à bas toutes les structures administratives et sécuritaires, comme la gendarmerie et la garde nationale. L'armée malienne a été défaite et ses matériels ont été détruits. Il faut du temps pour reconstruire tout cela dans un pays aussi vaste. »

C'est dans ce contexte sécuritaire délétère que doit se dérouler l'élection présidentielle, dont le premier tour est organisé dans sept jours. Un scrutin crucial qui doit parachever le processus démocratique, mais qui semble déjà de plus en plus contesté.

Tiébilé Dramé, l'un des 28 présidentiables, artisan de l'accord de paix signé en juin à Ouagadougou avec la rébellion touareg, a décidé la semaine dernière de retirer sa candidature, dénonçant un scrutin "bâclé". Tiébilé Dramé a mis en avant le cas de Kidal où le scrutin est préparé "à la hâte" par le gouverneur rentré dans la région il y a moins d'une semaine.

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