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Vu d'Allemagne

Maladroits évêques allemands en Israël

Ce voyage des évêques allemands en Israël devait être un pas de plus vers la réconciliation. Malheureusement, face à la misère des territoires autonomes, certains des dignitaires religieux allemands se sont laissés aller à une comparaison malheureuse avec le génocide juif perpétré par les nazis. La presse allemande de ce matin commente.

C'est face à un tel mur que, monseigneur Gregor Maria Hanke celui par qui le scandale est arrivé, s'est laissé aller à comparer les territoires palestiniens à des ghettos.

C'est face à un tel mur que, monseigneur Gregor Maria Hanke celui par qui le scandale est arrivé, s'est laissé aller à comparer les territoires palestiniens à des ghettos.

Pour la Tageszeitung, c’est indiscutable : il s’agit là d’une grave maladresse. Toutefois, l’indignation de l’ambassadeur israélien n’a d’autre ambition que de cacher le fait qu’il aurait préféré une absence totale de critique envers son pays. Mais qu’aurait donc du dire le groupe de visiteurs allemands face à ce mur monstrueux qui enclave la ville de Bethléem ? Les louanges sont faciles lorsque l’on ne voit que la vitrine de l’état hébreu. Il en va tout autrement lorsqu’on regarde l’envers du décor.

La Frankfurter Allgemeine Zeitung aussi relève le caractère très déplacé des propos des dignitaires catholiques. Seulement, il ne faut pas non plus en surestimer la gravité. Et le quotidien de s’interroger : « Qui, sinon les évêques allemands, ne pourrait dire, avec le Souverain Pontife, que les Israéliens ont le droit de vivre en paix dans leur pays et les Palestiniens, celui de disposer d’une patrie libre et souveraine. »

Les Eglises chrétiennes ont eu besoin de plusieurs siècles pour abandonner leurs réserves face aux Juifs, souligne Die Welt. Le peuple juif ayant été, pour les catholiques comme pour les protestants, responsable de la mort de Jésus. Et bien que de nombreux catholiques aient rejeté les nazis, leur Eglise, à quelques exceptions près, a pourtant bien peu fait en termes de résistance à la barbarie. Le rapprochement dangereux entre les actes actuels des Israéliens et le génocide des Juifs d’Europe entretient un honteux désir d’auto-absolution, transformant la victime d’hier en bourreau d’aujourd’hui. Les évêques allemands n’ont pas le droit de faire une telle erreur.

A-t-on le droit de qualifier de ghettos les villes de Nazareth et de Ramallah ? interroge la Süddeutsche Zeitung. Non, car le mot ghetto est un terme central de l’histoire des souffrances du peuple juif. Les Allemands n’ont-ils alors pas le droit de critiquer les Israéliens ? Bien sûr que si. Mais il n’empêche que le Mur de la Honte découpe les territoires palestiniens en zones incapables de survivre et assure à Israël une absence quasi totale d’attentats-suicides. Pour autant, ce mur tue et il ne pourra jamais apporter de paix durable. Et un évêque allemand a le droit de dire cela, même si cela déplaît au Conseil Central des Juifs d’Allemagne, conclut le quotidien.

  • Date 08.03.2007
  • Auteur Christophe LASCOMBES
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