Majorité rouge-verte en Rhénanie-du-Nord-Westphalie | Allemagne | DW | 13.05.2012
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Allemagne

Majorité rouge-verte en Rhénanie-du-Nord-Westphalie

Les électeurs de NRW, la région la plus peuplée d'Allemagne, ont voté pour un gouvernement régional social-démocrate-Verts. Ce scrutin faisait figure de test avant les législatives de 2013 au niveau fédéral.

13 millions d'électeurs étaient appelés aux urnes pour renouveller leur Parlement régional. La coalition sortante sociale démocrate (SPD) et écologiste l'a emporté. Hannelore Kraft dirige l'État de Rhénanie-du-Nord-Westphalie (NRW) depuis 2010, mais le SPD et les Verts n'avaient pas la majorité au Parlement. Avec ces nouvelles élections anticipées, ils peuvent renforcer leur assise. Les premiers sondages à la sortie des urnes donnent 39% des voix au SPD et 12% aux Verts. Les deux partis conservateur et libéral n'ont respectivement que 26% et 8,5% des suffrages : une sacrée claque pour la coalition au pouvoir au niveau fédéral. Quant au jeune parti contestataire, les Pirates, il entre avec 8% des voix dans son quatrième parlement régional en neuf mois, confirmant son statut de nouvelle étoile montante dans le paysage politique allemand. Il faut obtenir 5% des suffrages pour obtenir des sièges dans les parlements allemands. Avec seulement 3%, le parti de la Gauche radicale, die Linke, ne sera donc pas représenté au Parlement.

La dette au coeur des débats

Merkel und Röttgen zusammen bei NRW Wahlkampf in Bonn April 2012

Angela Merkel est même venue à Bonn pour soutenir son candidat Norbert Röttgen

Le scrutin régional faisait figure de test avant les élections législatives prévues l'an prochain, en 2013. La crise de la dette de la zone euro s'est invitée dans les derniers jours de la campagne. Alors qu'Hannelore Kraft, la candidate du SPD qui va donc conserver le siège de Ministre-président de NRW, avait promis de venir en aide aux communes endettées et d'investir dans les écoles, la tête de liste du parti conservateur, Norbert Röttgen, dénoncait une politique de l'endettement : « Nous devons faire face à la crise financière, la crise de l'euro, la crise de la dette. Il est clair aujourd'hui que l'endettement mène à l'impasse. Les citoyens savent qu'ils ne peuvent plus vivre à crédit, on ne peut pas leur faire croire que c'est bon pour leurs familles. »

Le poulain d'Angela Merkel a également appelé les Allemands à soutenir la politique de la chancelière...provoquant la colère au sein de son parti ! La CDU avait en effet tout intérêt à minorer l'importance nationale du scrutin. L'élection s'est jouée une semaine jour pour jour après l'arrivée de François Hollande à la présidence française et après les élections législatives en Grèce qui ont propulsé des partis extrémistes sur le devant de la scène. Deux événements majeurs en Europe qui ont relancé le débat sur la légitimité de la politique de rigueur soutenue bec et ongles par la chancelière Angela Merkel.

Wahlplakte in NRW

Le scrutin s'est transformé en référendum : pour ou contre la politique d'austérité d'Angela Merkel ?

« Mini élection fédérale »

La sociale-démocrate Hannelore Kraft ne s'est d'ailleurs pas privée de tacler son rival... ainsi que le gouvernement fédéral : « Certains m'appellent la reine des dettes et la région NRW est souvent comparée à la Grèce. Nos citoyens et notre Land n'ont pas mérité ces critiques. Nous avons peut-être le taux le plus élevé d'endettement supplémentaire, mais l'Allemagne dans son ensemble a aussi plus de dettes que la Grèce si l'on regarde les chiffres en valeur absolue. » Car au-delà du siège de Ministre-président de Rhénanie du Nord-Westphalie, c'est bien la chancellerie que vise également Hannelore Kraft. Les élections législatives doivent se tenir à l'automne 2013. Les 16 derniers mois risquent d'être difficiles pour Angela Merkel qui a essuyé revers sur revers lors des élections régionales en 2011 et 2012. Dimanche dernier déjà, son parti, la CDU, a perdu la direction du Land de Schleswig-Holstein, frontalier avec le Danemark. Critiquée sur la scène européenne, critiquée en son pays : pas facile de s'appeler Madame Merkel ces temps-ci !

Auteur : Cécile Leclerc, avec dpa, AFP
Edition : Mulay Abdel Aziz

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