Main-basse sur la démocratie en Roumanie | Carrefour Europe | DW | 16.08.2012
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Carrefour Europe

Main-basse sur la démocratie en Roumanie

La lutte anti-corruption inquiète le gouvernement, estime l'eurodéputée Monica Macovei. Il a destitué le président Basescu mais multiplie les pressions avant le verdict de la Cour constitutionnelle sur le référendum.

L'eurodéputée roumaine Monica Macovei est inquiète de l'état de la démocratie dans son pays

L'eurodéputée roumaine Monica Macovei est inquiète de l'état de la démocratie dans son pays

Les agissements de la classe politique au pouvoir exaspèrent la population. La monnaie roumaine est en chute libre. La chancelière allemande Angela Merkel, de même que le président de la Commission européenne, Jose Manuel Barroso, s'inquiètent des dérapages constatés.

Le gouvernement du Premier ministre roumain Victore Ponta a en effet organisé la destitution du président de la République de centre-droit, Traian Basescu. Un référendum a été organisé pour donner une légitimité populaire à cette décision. Mais le seuil de participation minimum requis (50%) ne semble pas avoir été atteint.

Le président de la commission européenne Barroso a mis en garde le chef du gouvernement Victor Ponta

Le président de la commission européenne Barroso a mis en garde le chef du gouvernement Victor Ponta

La Cour constitutionnelle doit statuer mardi prochain. Mais en attendant, manipulations sur les listes électorales et pressions diverses se multiplient. Monica Macovei (en photo), eurodéputée roumaine, estime que le gouvernement en place redoute le pouvoir judiciaire et notamment l'Office de lutte contre la corruption.

Climat délétère

Effectivement, l'année passée, l'Office de lutte contre la corruption a traduit devant la justice un certain nombre de responsables politiques de tous bords. Certains ont déjà été condamnés, comme l'ancien Premier ministre Adrian Nastase, le mentor de Ponta, et se retrouvent en prison. Et la classe politique a pris peur. L'Union sociale-libérale au pouvoir a remplacé les présidents des deux chambres du Parlement, révoqué le médiateur et adopté deux décrets d'urgence limitant les pouvoirs de la Cour constitutionnelle tout en attaquant les juges.

Le président démis Traian Basescu, un conservateur, autrefois très populaire dans son pays, a de son côté perdu sa cote de confiance. Notamment après une cure d'austérité imposée en 2010, mais aussi pour des remarques offensantes vis-à-vis du fondateur des services d'urgence de Roumanie. Profitant de cette impopularité, le gouvernement de Victor Ponta a destitué Traian Basescu et organisé un référendum.

Mais sous la pression de la Commission européenne, il a dû accepter d'imposer un seuil de participation de 50% pour valider le référendum, comme le lui demandait la Cour constitutionnelle. Or, si les Roumains sont mal disposés vis-à-vis de Traian Basescu, ils sont encore plus lassés des querelles politiques. La participation au référendum du 29 juillet n'a atteint que 46,24%. Le seuil de 50% n'a donc pas été respecté. La Cour constitutionnelle de Roumanie doit statuer la semaine prochaine sur cette épineuse question. Dans ce climat délétère, l'eurodéputée Monica Macovei évoque même le risque d'une "guerre civile".

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"Ils veulent prendre le contrôle du système judiciaire"

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