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Afrique

Madame Anti-corruption tire sa révérence

En Afrique du Sud, le mandat de la médiatrice de la République, Thuli Madonsela, arrive à son terme. Pas sûr que sa successeuse soit aussi pugnace face au Président Zuma.


Pendant des années, Thuli Madonsela a lutté pour le respect de la constitution et contre la corruption en Afrique du Sud. Son mandat de médiatrice de la République sud-africaine s’achève demain [15 octobre] et son engagement lui vaut d’être reconnue sur le plan international. La "Madame anti-corruption" doit d’ailleurs recevoir en novembre le prix allemand pour l’Afrique. Bilan de son action, et présentation de sa successeuse, sans doute plus conciliante avec le président Zuma.

Sept ans de lutte...

C’est en 2009 que l’organisation Corruption Watch a été créée, pour examiner les cas de corruption. C’est aussi cette année-là que Thuli Madonsela a pris ses fonctions en Afrique du sud. Paul Holden, de Corruption Watch, a donc eu souvent l’occasion de suivre le travail de la médiatrice sud-africaine :

"Elle s’est toujours battue pour garantir son indépendance vis-à-vis du gouvernement. Elle a mené ses enquêtes avec acharnement, y compris et surtout quand celles-ci visaient des puissants. C’est aussi ce qui lui vaut de compter parmi les personnalités les plus respectées du pays."

...y compris contre les malversations au sommet de l'Etat

L’un des points culminants de la carrière de Thuli Madonsela aura été l’enquête dans l’affaire de la villa du président, à Nkandla. Jacob Zuma a financé de nombreux travaux sur les deniers publics, en arguant d’aménagements de sécurité liés à sa fonction. Mais Thuli Madonsela voyait cela d’un autre œil et a exigé le remboursement partiel des frais engagés par le président. Thuli Madonsela.

"Mon successeur devra être quelqu’un qui s’est toujours engagé en faveur des droits de l’Homme et d’une société plus juste. Sa principale tâche sera de lutter contre les inégalités."


Une successeuse plus conciliante?

Mais le 15 octobre, c’est Busisiwe Mkhwebane qui doit prendre sa suite comme médiatrice de la République. Or cette avocate est proche du pouvoir. Elle a travaillé pour le service de renseignements du ministère de l’Intérieur et risque de ne pas montrer la même pugnacité que Thuli Madonsela. Paul Holden déclare :

"C’est tout de même gênant que la nouvelle Madame anti-corruption ait d’ores et déjà annoncé qu’il ne serait peut-être pas nécessaire de poursuivre les procédures engagées contre Zuma."


La passation de pouvoir est entachée par le scandale autour du ministre des Finances, Pravin Gordhan. Soupçonné de détournement de fonds, il va devoir s’expliquer début novembre devant la justice. 

Le porte-parole du président Zuma a indiqué que le chef de l'Etat allait bloquer la publication d'un rapport anti-corruption. Les conclusions de l'enquête sur des amis fortunés du président ont été remis au président du Parlement en attendant le procès.

 

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