Mémorial pour les homosexuels à Berlin | Allemagne | DW | 27.05.2008
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Allemagne

Mémorial pour les homosexuels à Berlin

L'Allemagne inaugure aujourd'hui un monument en mémoire des homosexuels qui ont été persécutés par les nazis.

Der norwegische Kuenstler Ingar Dragset , links, und sein daenischer Kollege Michael Elmgreen stehen am Montag, 26. Mai 2008 in Berlin vor dem von ihnen entworfenen Denkmal für die in der NS-Zeit verfolgten Homosexuellen. Das Denkmal in dem Park Tiergarten soll am Dienstag, 27. Mai 2008 der Oeffentlichkeit uebergeben werden.(AP Photo/Markus Schreiber) Norwegian artist Ingar Dragset, left, and Danish artist Michael Elmgreen stand in front of their monument to gay victims of Nazi regime in Berlin on Monday, May 26, 2008. On Tuesday, May 27, 2008 the monument will be official unveiled. (AP Photo/Markus Schreiber)

La sculpture été conçue par deux architectes scandinaves (Ingar Dragset et Michael Elmgreen) et financé par l'Etat à hauteur de 45.000 euros.

Le ministre de la Culture, Bernd Neumann, a tenu un discours devant plus de 400 personnes réunis autour du mémorial. Etaient présents à ses côtés le maire de la capitale, Klaus Wowereit, ainsi que des représentants des communautés homosexuelle, juive et tsigane. Tous ont rendus hommage aux milliers de gays et lesbiennes déportés ou torturés entre 1933 et 1945.


Le mémorial se situe en plein coeur de Berlin, dans le grand parc Tiergarten, tout près de la porte de Brandebourg et à quelques mètres des stèles en mémoire des victimes juives de l'Holocauste. Il s'agit d'une sculpture de béton percée d'une fenêtre oblique, à travers laquelle les passants pourront regarder une vidéo en noir et blanc. Une vidéo qui met en scène un baiser "perpétuel" entre deux hommes.

Selon les estimations, entre 5.000 et 15.000 homosexuels ont été déportés dans les camps de concentration. Ils étaient contraints de porter comme signe distinctif, non pas l'étoile jaune, mais un triangle rose. Les nazis appliquèrent cette politique aux Allemands, afin de "purifier" la race aryenne.


Günter Dworek, de la Fédération des gays et lesbiennes d'Allemagne, est l'un des instigateurs du projet de mémorial : « Ca n'a pas été facile pour les homosexuel de vivre dans ce pays, dans cette société. En sachant que cette société a mené des poursuite pénales contre les homosexuels pendant les vingt années qui ont suivi le national-socialisme. Et il a fallu attendre l'an 2000 pour que cette injustice soit reconnue. Il y a eu d'abord une résolution du Bundestag, et puis trois ans après la décision de construire le monument. Ce sont des moments importants qui montrent que la société a compris quelque chose ».


Un texte est inscrit sur le monument. Il rappelle aussi qu'"aujourd'hui encore, dans de nombreuses parties du monde, des hommes et des femmes sont persécutés en raison de leur identité sexuelle". Volker Beck est membre du parti politique des Verts, et, tout comme le maire de Berlin, il a fait son coming out : « Il y a plus de 80 pays où l'homosexualité chez les adultes est encore puni. Dans douze d'entre eux, elle est même passible de la peine de mort. C'est pourquoi le fait d'ériger un symbole contre ces atteintes aux droits de l'homme, dans un pays qui a aussi poursuivi les homosexuels autrefois, est un signal important ».


Mais certains tabous résistent encore. Une petite querelle a précédé l'inauguration : le chrétien-démocrate Bernd Neumann, a interdit la représentation de deux hommes s'embrassant sur le carton d'invitation. Aurait-il eu la même réaction s'il s'était agi d'un homme et d'une femme ? En tout cas, Michael Elmgreen, l'un des artiste qui a dessiné le mémorial, affirme : "on accepte les homosexuels, mais on ne veut pas nous voir".