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Afro-presse (hebdomadaire)

L'Union européenne veut réduire les flux migratoires en provenance de Libye

Pour assécher les flux de migrants africains vers l’Italie, l’Union européenne envisage différentes mesures concernant la Libye, parmi lesquelles un soutien renforcé aux gardes-côtes libyens.

La Commission européenne veut faire avancer  le dossier migratoire...

Après ses efforts pour stopper le flux de migrants en Méditerranée orientale et sur la route des Balkans, l'Union européenne porte maintenant son attention sur le principal pays de transit : la Libye. C'est par là que passent la plus grande majorité des migrants vers l’Europe, rappelle la Süddeutsche Zeitung : 90% des quelque 181.000 migrants arrivés en Italie en 2016 sont partis des côtes libyennes, plus que jamais auparavant. 

Rettung von Flüchtlingen im Mittelmeer (DW/K. Zurutuza)

Sauvetage de migrants devant les côtes de la Libye (septembe 2016)

La Commission européenne veut rapidement stabiliser la Libye. Elle a pour cela élaboré diverses initiatives et débloqué 200 millions d’euros du Fonds UE-Afrique. L'UE veut aider le gouvernement d’union nationale libyen à maîtriser la situation sur son littoral. Malte, qui détient la présidence du Conseil de l'UE et qui est aussi particulièrement touché par le problème migratoire, pousse à une action immédiate. Ainsi devant le Parlement européen, le Premier ministre maltais Joseph Muscat a même proposé la construction d’un mur de protection tout autour des ports libyens d'où embarquent les migrants en direction de l'Europe. En bouclant plus ou moins l'accès à la ligne côtière, les migrants resteraient ainsi sur le continent africain, espère Malte.

En 2016, si 32.000 migrants en détresse ont pu être sauvés en Méditerranée par les équipages des navires de la mission de l'Union européenne "Sophia", pour  plus de 4.500 autres, tout secours est arrivé trop tard et ils ont péri noyés, rappelle le quotidien. Si on ne fait rien, la migration clandestine incontrôlée va encore gagner de l'ampleur dès le printemps, a averti la Commission. Il est clair que le problème ne pourra être résolu à long terme que par la paix et la stabilité en Libye, mais aussi par un essor économique dans toute l'Afrique.

Cependant, sans réaliser la proposition maltaise, on peut aussi agir à court terme. Par exemple, en améliorant l'efficacité des gardes-côtes libyens. Des instructeurs européens y travaillent déjà actuellement, mais il faut encore développer ce programme pour qu'ils puissent eux-mêmes sauver des vies et contrer les passeurs.

Libyen Küstenwache im Hafen von Tripolis (picture-alliance/ZB/M. Tödt)

Navires des garde-côtes libyens dans le port de Tripoli

L'UE veut aussi procurer des navires et mettre en place un centre pour le sauvetage en mer. Un autre aspect concerne une meilleure coopération avec les voisins de la Libye au sud, comme par exemple le Tchad et le Niger. Au nord aussi, l'UE veut davantage impliquer la Tunisie, l'Algérie et l'Egypte. Conseils et soutiens financiers sont proposés en échange d'une plus grande coopération sur la question migratoire. Enfin, la situation des migrants présents sur le sol libyen doit être améliorée avec l'aide du Haut Commissariat pour les Réfugiés et l'Organisation internationale pour les migrations. Enfin, le thème des quotas de réfugiés à répartir est toujours à l'ordre du jour; la question migratoire continuera sans aucun doute d'animer encore les débats dans les mois à venir, conclut le journal de Munich….
 
 
Cameroun : production bananière en plein essor 

 

Cependant  ce sont avant tout les grosses sociétés américaines et européennes qui en profitent, tandis que de nombreux Camerounais ne touchent qu'un salaire de misère…

"Croissance sans valeur ajoutée" titre die tageszeitung, la taz. Numéro 5 au monde, numéro 1 en Afrique – les chiffres actuels de la production bananière du Cameroun sont impressionnants. Impressionnants, mais trompeurs, si l’on en croit de nombreuses voix critiques au Cameroun, rapporte le quotidien. Certains parlent d'une forme d'économie coloniale qui perpétue les vieilles dépendances et les injustices. Les "élites" nationales profitent de ce système et se laissent acheter par les entreprises du secteur bananier. 

Bananen im Supermarkt Bananenstreit (picture-alliance/dpa)

En Allemagne, de plus en plus de clients achètent des bananes "bio", garanties sans pesticides.


Ces sociétés proviennent de l'étranger et ont des filiales au Cameroun. Le leader sur le marché est La Compagnie fruitière de Marseille, qui dans ce pays du centre de l’Afrique agit sous le nom de Plantations du haut Penja (PHP). Le second acteur du secteur bananier est la CDC – Cameroon Development Cooperation, une filiale du groupe américan Del Monte depuis les années 90. 
Les affaires marchent.

Hamburg Bananenreiferei im Hafen (picture-alliance/dpa/A. Warmuth)

Les Allemands sont des gros consommateurs de bananes

En 2015, le Cameroun a même dépassé la Côte d'Ivoire comme premier producteur dans la région ACP, Afrique-Caraïbes-Pacifique, avec une récolte record de 278.450 tonnes. L'Etat camerounais n'en profite guère car les filiales déclarent leurs sites de production au Cameroun comme des "coopératives agricoles". Cette forme d’organisation entre dans le cadre de l'aide au développement – et pour cette raison, est exonérée de toutes taxes et impôts. Mais, s'offusque le quotidien berlinois, une entreprise qui réalise un chiffre d’affaires de plusieurs millions ne peut pas être une coopérative de développement !

Mais ce ne sont pas seulement les fraudes fiscales des entreprises qui entachent la réputation de la production bananière au Cameroun. Les organisations internationales de défense des Droits de l’Homme et la société civile camerounaise dénoncent avant tout les conditions de travail sur les plantations : les ouvriers sont à la peine 14 heures par jour pour un salaire mensuel de moins de 35 euros ! – sans protection sociale et  logements  adéquats.
En outre les entreprises utilisent des pesticides interdits depuis des années en Europe.

Symbolbild Bananen Panama-Krankheit Pestizide (Romeo Gacad/AFP/Getty Images)

Trop souvent des pesticides et insecticides nocifs pour la santé sont utilisés dans les plantations bananières, pas seulement en Afrique. Ici un exemple à Panama.

Ces produits chimiques ne sont pas seulement nocifs pour les travailleurs, mais aussi pour leurs familles et les habitants des villages environnants. Les autorités camerounaises restent inactives… et pour cause : des députés du gouvernement sont aussi membres du directoire de PHP Plantations du haut Penja !

Des organisations telles que l’ONG britannique BananaLink dénoncent les graves lacunes de la production bananière camerounaise. Elles soutiennent les syndicats camerounais locaux et, par des campagnes internationales, attirent l’attention des consommateurs en Europe sur ces misérables conditions de production, pas seulement au Cameroun d’ailleurs.
Avec 46.000 emplois, la production bananière est l’un principaux employeurs dans le domaine agricole. Ce qui doit changer, ce sont les conditions de production, les fraudes fiscales et le double jeu de politiciens locaux corrompus, résume la taz.  


 Caisses vides en Gambie

 

Yahya Jammeh a -t-il pillé la Banque centrale gambienne et emporté les fonds dans son exil de Malabo, en Guinée Equatoriale ?   
" Il semble que lors de son exil forcé, le président gambien sortant  Yahya Jammeh n’ait pas seulement emporté avec lui une importante flotte d’automobiles de luxe, mais aussi les réserves monétaires de la Banque centrale gambienne !  C’est ce que rapporte la Frankfurter Allgemeine Zeitung, la FAZ, qui se base sur les propos de Mai Fatty, l’un des hommes de confiance du nouveau président  Adama Barrow. Au cours des deux dernières semaines  500 millions de dalasi (soit 10 millions d’euros) ont été transférés de comptes de la Banque Centrale de Gambie vers l’étranger...

Gambia Ex-Präsident Yahya Jammeh (Picture-Alliance/Gambia State TV via AP)

L'ex-président gambien Yahya Jammeh a-t-il emmené avec lui les caisses de l'Etat?

Ces deux semaines correspondent exactement au laps de temps dont les émissaires de la CEDEAO ont eu besoin pour persuader Yahya  Jammeh de reconnaître sa défaite électorale et de quitter le pouvoir. Quand, le 20 janvier, des unités sénégalaises ont franchi la frontière après l’écoulement d’un second ultimatum, Yahya Jammeh avait cédé mais demandé en même temps un jour supplémentaire. C’est ce jour là que la dernière tranche de la Banque Centrale a été transférée vers un compte inconnu.
 Le lendemain Jammeh s’était rendu via la Guinée en Guinée Equatoriale où la famille Obiang au pouvoir lui a offert l’asile. Les Obiang considèrent la richesse pétrolière de leur pays comme leur propriété privée. Le fils du président Teodoro Obiang, Teodorin Obiang, comparaît actuellement devant la justice française. Il est accusé de blanchiment d’argent, fraudes, escroqueries et vols de biens d’Etat d’un montant se chiffrant en centaines de millions d'euros.

Äquatorialguinea Teodoro (Getty Images/AFP/A. Senna)

T.Obiang Nguema Mangue, fils du président de Guinée Equatoriale est lui- même compromis dans des affaires de détournement de fonds

Le choix de la Guinée Equatoriale comme nouvelle patrie et les dernières accusations contre Jammeh mettent la CEDEAO, l’Union Africaine et les Nations unies dans l’embarras. Lors de la sortie du territoire gambien de Yahya Jammeh, les trois institutions avaient donné, dans une déclaration commune, des garanties en ce qui concerne sa fortune.  Les biens personnels de l’ex-président, de sa famille, de ses partisans et de son parti ne seraient pas bloqués ni confisqués. Une garantie sans caractère juridiquement contraignant, ont laissé entendre plus tard des proches du président de la Commission de la CEDEAO, le Béninois  Marcel de Souza. Mais même si la CEDEAO et l’Union Africaine devaient un jour réviser leur position et plaider pour une poursuite de Jammeh pour vol aggravé, cela n’aurait aucune conséquence, estime la FAZ. Car la Guinée Equatoriale ne reconnaît pas la Cour pénale internationale à La Haye et n’a passé d’accord d’extradition avec aucun pays. En d’autres termes: à Malabo, Yahya Jammeh risque peut-être de devenir victime de la malaria, mais pas de poursuites judiciaires!", conclut le journal de Francfort… 

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