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Afrique

L'UA veut le gel des poursuites contre Kenyatta et Ruto

Un retrait total du statut de Rome, le texte fondateur de la CPI, ne semble plus privilégié par l'Union africaine, en revanche l'UA demande le gel des procédures en cours et l'immunité pour les dirigeants en exercice.

La présidente de la Commission de l'UA, la Sud-Africaine Nkosazana Dlamini-Zuma, confirme que l'UA envisage de prendre contact avec le Conseil de sécurité de l'ONU pour lui demander formellement l'ajournement des procédures contre le président kényan, Uhuru Kenyatta, et son vice-président, William Ruto, ainsi que contre le chef de l'Etat soudanais, Omar el-Béchir. L'article 16 du Statut de Rome, permet en effet au Conseil de sécurité de l'ONU d'imposer à la CPI la suspension de toute enquête pour une durée d'un an, renouvelable. Ce ne serait pas la première fois que l'UA formulerait ce type de demande au conseil de sécurité de l'ONU, mais jusqu'à présent aucune requête de cet ordre n'a abouti.

A l'ouverture ce samedi, du sommet extraordinaire à Addis-Abeba consacré aux relations entre l'UA et la CPI, le Premier ministre éthiopien ,Hailemariam Desalegn, a tenu à souligner que l'objectif n'est pas "une croisade contre la CPI, mais un appel solennel pour qu'elle prenne sérieusement en compte les préoccupations de l'Afrique".

Des relations houleuses

Kofi Annan, en visite à Abidjan a défendu l'action de la CPI

Kofi Annan, en visite à Abidjan a défendu l'action de la CPI

En mai dernier, l'Union Africaine avait déjà dénoncé un acharnement de la CPI contre le président kényan Kenyatta et contre l'Afrique en général. Le Premier ministre éthiopien Hailemariam était même allé jusqu'à affirmer que la CPI menait une "chasse raciale". Soulignant le fait que seuls des Africains ont été inculpés ou jugés depuis le début des travaux de la Cour en 2002.

Des personnalités africaines ont aussi dénoncé les attaques de l'UA contre la CPI, comme le Ghanéen et ex-secrétaire général de l'ONU Kofi Annan. En visite cette semaine à Abidjan, Kofi Annan a salué les efforts de la justice internationale pour mettre fin à l'impunité en Afrique : "Je n'ai pas entendu de leader parler de protection, de justice pour les millions d'Africains tués ou qui ont été blessés, qui ont été obligés de fuir leur foyer. C'est pour eux qu'il faut la justice." a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse jeudi à Abidjan.

Pas de retrait collectif

Les relations entre l'UA et la CPI sont donc loin d'être au beau fixe. Cependant, les chefs de la diplomatie africaine n'ont pas appelé les 34 Etats signataires, membres de l'Union Africaine, à se retirer du Statut de Rome, traité fondateur de la CPI. Une option pourtant avancée par plusieurs pays dont le Kenya. La perspective d'un retrait collectif de la Cour pénale internationale semble désormais écartée.

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