L′OTAN sur la sellette en Libye | International | DW | 21.06.2011
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International

L'OTAN sur la sellette en Libye

Les forces de l'OTAN ont reconnu des bavures qui ont causé la mort de plusieurs dizaines de civils en trois jours. Le ministre des affaires étrangères italien, Franco Frattini, a mis en garde l'OTAN.

In this photo taken on a government-organized tour, Libyan firefighters and local residents remove debris from a damaged residential building in Tripoli's outskirts, Libya, on Sunday, June 19, 2011. Libyan officials claimed that the building was hit by a NATO airstrike as NATO continued to strike targets in the capital Tripoli into the early hours of Sunday. (Foto:Ivan Sekretarev/AP/dapd)

Les bavures de l'OTAN se multiplient en quelques jours. La propagande de Kadhafi s'en sert habilement.

L'OTAN "joue sa crédibilité en Libye et ne peut se permettre de risquer des pertes de civils" a déclaré, le ministre des affaires étrangères italien Franco Frattini. Au cours d'un raid aérien mené à Sorman, à l'ouest de Tripoli, 15 personnes, dont trois enfants, auraient trouvé la mort. L'Otan avait d'abord nié cette opération qui visait une résidence d'un vieux compagnon de route de Khadafi pour finalement reconnaître que ce raid a bel et bien eu lieu. Dimanche, elle avait aussi admis avoir tué par erreur des civils lors d'une frappe nocturne à Tripoli. Bilan: neuf victimes dont cinq membres d'une même famille. Et samedi l'Alliance Atlantique avait déjà dû admettre avoir frappé par erreur une colonne de véhicules rebelles. Trop c'est trop, et cela tombe mal au moment où la légitimité de son intervention reste contestée et où elle s'enlise sur le terrain.

Reste que le colonel Kadhafi utilise ces cas tragiques à des fins de propagande, emmenant des journalistes sur le terrain voir des corps qu'ils ne peuvent évidemment pas identifier. De l'autre côté, l'OTAN communique très mal, ne reconnaissant que tardivement ses erreurs. "On ne peut pas continuer à ne pas être à la hauteur de la propagande quotidienne de Kadhafi" a déploré Franco Frattini. Quant aux rebelles, ils rejettent la responsabilité de ces pertes sur le colonel: "Nous regrettons ces pertes, a déclaré Abedl Hafiz Ghoga, vice-président du Conseil national de transition, mais nous tenons le régime de Kadhafi reponsable pour avoir placé ses installations militaires près des zones civiles."

Intérêts chinois

epa02785250 Libyans carry out a body from a house that was damaged by coalition air strikes, according to the Libyan government, in Tripoli, Libya, on 19 June 2011. EDITORS NOTE: PICTURE TAKEN ON A GUIDED GOVERNMENT TOUR EPA/MOHAMED MESSARA +++(c) dpa - Bildfunk+++

Une photo sur les dégats d'un raid de l'OTAN prise lors d'une visite organisée par le pouvoir de Tripoli.

,au plan diplomatique, un autre pays, essaye de favoriser une solution diplomatique, la chine. Mahmoud Djibril , représentant diplomatique des rebelles libyens, est en effet à Pékin. Pour le gouvernement chinois un "cessez le feu" est la priorité absolue. La Chine a fait savoir qu'elle avait aussi des contacts avec les représentants du colonal Kadhafi. Membre du conseil de sécurité, la Chine s'était, rappelons-le, abstenue lors du vote de la résolution en mars dernier à l'ONU mais n'avait pas fait usage de son droit de véto. Elle a en tous cas fait connaitre à propos de la Libye "sa préoccupation devant une situation qui ne peut plus durer". Et veut donc relayer les efforts de l'ONU et de l'Union africaine pour trouver une sortie de crise diplomatique. Derrière ces efforts, il y a des intérêts sonnants et trébuchants de la Chine. Selon le ministère chinois du commerce, Pékin avait ,avant le début du conflit, quelque 50 grands projets en cours en Libye, d'une valeur totale de près de 19 milliards de dollars. Or moins de 6% des pertes encourues étaient couvertes par des assurances. Le manque à gagner est donc considérable. De leur côté, les rebelles du CNT vont demander un soutien financier chinois. Peut-être une bonne base pour avancer vers une solution diplomatique...

Auteur: Elisabeth Cadot
Edition: Sandrine Blanchard

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