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Afrique

L'ombre de l'Ouganda dans l'est de la RDC

Outre Kigali, l'ONU soupçonne également Kampala de soutenir les rebelles du M23 qui sévissent en RDC. Pour l'Ouganda, qui nie toute participation au conflit, l'issue de ce dernier n'en reste pas moins décisive.

Depuis le 1er janvier 2013, l'Allemagne a gelé son aide budgétaire pour l'Ouganda. Le ministre de la Coopération et du Développement, Dirk Niebel, a justifié cette décision par le dernier rapport de l'ONU sur la sécurité. Ce rapport accuse l'Ouganda de participer à des opérations de guerre en République démocratique du Congo.

À Kampala, le gouvernement ougandais nie toute participation aux luttes armées en RDC. Ibrahim Abiriga est le représentant du président ougandais Yoweri Museveni dans le district frontalier d'Arua : « Le rapport de l'ONU n'est pas correct. Nous n'y réagissons pas parce que nous savons que ces experts ont inventé des histoires sans fondements que nous ne pouvons pas confirmer. Notre président est le plus ancien de la région. Il veut la paix et le développement. »

Idi Amin

Le dictateur Idi Amin régna près de dix ans sur l'Ouganda

Des alliances qui ne datent pas d'hier

La situation dans la région est pourtant des plus instables : depuis avril 2012, les rebelles du M23 se battent contre l'armée congolaise, dans la province du Nord-Kivu et essaient d'en prendre le contrôle. Pour l'Ouganda, l'issue de la guerre est importante du point de vue stratégique, économique et sur le plan de la politique intérieure.

Les alliances régionales du président Museveni ont une longue histoire, qui remonte à l'époque du dictateur Idi Amin. Après le coup d'État d'Idi Amin Dada en 1971, Museveni fuit en Tanzanie. Ce n'est qu'en 1979 qu'il rentre en Ouganda, soutenu par l'armée tanzanienne.

Toutefois, son parti, le Mouvement patriotique ougandais, est largement battu aux élections de 1980 qui ramènent Milton Obote à la tête de l'État. Dénonçant des élections manipulées, Museveni se retire alors dans son fief pour créer l'Armée de résistance nationale, une guérilla qui, en janvier 1986, chasse Obote de la présidence grâce au soutien de réfugiés tutsis du Rwanda et du Congo.

Kagame und Museveni und Kabila in Goma

Yoweri Museveni entre le Rwandais Paul Kagame et le Congolais Joseph Kabila lors d'une réunion sur l'est de la RDC

Influence des tutsis en Ouganda

Depuis, les tutsis installés en Ouganda sont étroitement liés au gouvernement et occupent aujourd'hui encore de nombreux postes dans l'armée et la police. Noah Achikule, ex-soldat de l'armée d'Idi Amin, puis ex-membre d'une organisation rebelle basée au Congo, est aujourd'hui observateur électoral international et conseille le gouvernement en matière de sécurité :

« Un gouvernement tutsi au Congo serait un privilège pour l'Ouganda, et (un privilège pour) le Rwanda. Et un régime tutsi dans cette partie de la RDC donnerait à ces deux pays la possibilité de disposer d'énormes ressources en minerais. Cela leur servirait aussi de territoire refuge en cas de chaos en Ouganda ou de chaos au Rwanda. »

Depuis la fin des années 1990 déjà, l'Ouganda exploite des ressources minières au Congo. Le dernier rapport du groupe d'experts onusiens indique en détails comment politiciens et militaires ougandais s'enrichissent et coopèrent avec divers groupes rebelles, dont le M23, pour exporter de l'or ou du bois tropical précieux hors de RDC.

Uganda Präsident Museveni

Yoweri Museveni, déjà 25 ans au pouvoir

Bras de fer avec l'Occident

Depuis 25 ans, le président Museveni se bat pour sa survie politique et selon le journaliste ougandais Moses Odokonyero, ses intérêts au Congo ou ailleurs sont clairs :

« Le président a de nombreux intérêts. Il a des intérêts en Somalie, des intérêts au Congo, il a eu des engagements au Rwanda, au Soudan du Sud, en République centrafricaine. Il est clairement le genre de personne qui exerce volontiers son influence dans la région. Et la raison est toute simple : il veut s'en servir comme outil de marchandage quand il négocie avec l'Occident. »

L'évolution politique intérieure en Ouganda dépend fortement des positions des pays occidentaux. Les États-Unis, à eux seuls, fournissent la moitié du budget de l'État ougandais. C'est dans ce contexte qu'il faut comprendre la menace de l'Ouganda de retirer tous ses soldats participant à des missions de paix en Soma­lie, en République centrafricaine, au Soudan du Sud et en RDC.

C'est peut-être du bluff, mais cela change sensiblement les atouts dans les négociations. Quelques pays occidentaux ont gelé leur aide budgétaire, mais il semble peu probable que des sanctions plus sévères soient prises.

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