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Vu d'Allemagne

L'immunité de l'Onu en question

A la Une : la décision de la justice néerlandaise, pour qui les Pays-Bas ont une part de responsabilité dans le pire massacre commis en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale, celui de Srebrenica.

En juillet 1995, 8000 musulmans sont massacrés par des Serbes fanatiques emmenés par le général Mladic

En juillet 1995, 8000 musulmans sont massacrés par des Serbes fanatiques emmenés par le général Mladic

Le massacre de Srebrenica est l'une des plus grosses tâches dans l'histoire européenne de l'après-guerre, écrit die Welt et aussi l'une des mieux refoulées. Le tribunal de la Haye a certes le mérite de nous le rappeler. Mais de là à conclure que les casques bleus néerlandais sont les seuls responsables de la mort de 300 hommes, c'est un peu mince. Pour le tribunal, les soldats auraient dû savoir qu'évacuer ces hommes venus se réfugier sur leur base c'était les livrer aux troupes de Ratko Mladic et donc, à une mort certaine. Pour le journal cependant, la responsabilité se situe au niveau de l'Onu qui avait mis Srebrenica sous sa protection mais qui n'a pas bougé le petit doigt lorsque le général serbe est arrivé pour tuer.

Même avis du côté de la Frankfurter Allgemeine Zeitung. Pour le journal, les soldats néerlandais sont victimes d'une faute qui les dépasse. Faiblement armés, peu nombreux et avec un mandat insuffisant, ils n'étaient tout simplement pas en état de protéger la zone tampon de Srebrenica. Autrement dit, c'est la communauté internationale toute entière qui devrait être sur le banc des accusés.

Urteil zur Klage der Mütter von Srebrenica gegen die Niederlande 16.7.2014

Dans la salle d'audience, les "Mères de Srebrenica" se disent "partiellement satisfaites" et envisagent un appel.

La Süddeutsche Zeitung estime que ce jugement est une satisfaction tardive pour les victimes. Le journal de Munich s'inquiète toutefois des conséquences pour les futures missions de paix. Si les Etats peuvent désormais être tenus responsables de leur échec, cela ne va pas les encourager à envoyer de nouveaux contingents de casques bleus. Pour le journal, l'idéal serait de mettre en place un tribunal onusien qui serait habilité à poursuivre les Nations Unies dans ce genre de cas.

Le mot de la fin revient à la Berliner Zeitung qui pointe du doigt le paradoxe originel des Nations Unies. Ses fondateurs avaient choisi de faire bénéficier l'organisation d'une immunité statutaire et c'est cette immunité qui pose problème en premier lieu. A quoi bon en effet avoir une institution dont le but est d'organiser le monde selon le droit en vigueur si elle même se considère au-dessus des lois et se soustraie à toute responsabilité.

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