Libye : ″les victimes oubliées des frappes de l′OTAN″ | International | DW | 19.03.2012
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International

Libye : "les victimes oubliées des frappes de l'OTAN"

Il y a près d'un an, le 31 mars 2011 exactement, l'OTAN prenait le commandement des opérations alliées en Libye.

La Russie comme la Chine avaient alors énergiquement protesté, pourtant l'Alliance atlantique agissait alors dans le cadre légal fourni par la résolution 1973 du Conseil de sécurité des Nations unies. Le mandat de l'Onu visait à protéger les populations civiles et à imposer une zone d'exclusion aérienne au-dessus de la Libye. Dans un rapport publié ce lundi, l'organisation de Défense des Droits de l'Homme, Amnesty Inernational reproche à l'OTAN d'avoir fait aussi des victimes civiles innocentes.

Weltsicherheitsrat New York

Conseil de Sécurité à New York

"Les victimes oubliées des frappes de l'Otan", tel est le titre du rapport publié ce lundi par Amnesty International. La porte-parole de la section suisse de l'organisation internationale, Nadia Bohlen :

« Amnesty International a recensé 55 civils identifiés dont 16 enfants et 14 femmes tués dans le cadre de frappes aériennes à Tripoli, Zliten, Majer Syrte et Brega. L'OTAN n'a pas enquêté sur ces nombreuses pertes civiles et c'est ce que nous demandons avec la sortie de ce rapport aujourd'hui. »

La plupart de ces victimes ont été tuées dans le bombardement de leur domicile, alors que rien n'indiquait une utilisation militaire des lieux au moment de ces frappes. Jusqu'ici, l 'Otan n'a pas correctement enquêté sur ces victimes civiles de sa campagne en Libye, estime Amnesty International. Si les militaires parlent de « dommages collatéraux », cela est un terme inacceptable et cynique pour les défenseurs des droits de l'Homme.

Tripolis Massengrab Libyen

Fosse commune à Tripoli

La porte-parole d'Amnesty :

« Aux termes du droit international, l'OTAN est tenu, était tenu de faire tout ce qui est pratiquement possible pour vérifier que les cibles soient bien des objectifs militaires et non pas civils ! Et l'OTAN est tenue d'enquêter sur le pourquoi ces frappes ont été commises afin d'octroyer des réparations à ces familles civiles qui vivent pour certaines dans un état de grand dénuement. »

Plus de quatre mois après la fin de la campagne militaire, les victimes et les proches des personnes tuées par des frappes aériennes de l'Otan ne savent toujours pas ce qui s'est passé et qui est responsable. C'est ce que dénonce haut et fort Amnesty International qui exige que l'Otan enquête pour déterminer si ces morts de civils ont résulté d'infraction au droit international. Si c'est le cas, les responsables devront être traduits en justice, a affirmé Amnesty.

A partir de mars 2011, l'Otan a mené au total près de 9700 frappes militaires, jouant ainsi un rôle clé dans la chute du régime, selon les alliés.

« La campagne a été menée d'une manière pleinement conforme au mandat des Nations Unies et au droit international humanitaire", s'est défendue lundi l'Alliance atlantique. Selon une porte-parole de l'Otan,"les opérations ont été menées avec soin et précision, tel que reconnu par la Commission internationale d'enquête sur la Libye, qui a conclu que l'Otan "a mené une campagne très précise avec une détermination manifeste d'éviter les victimes civiles. »

Auteur : Philippe Pognan
Edition : Jean-Michel Bos

Écouter l'audio 01:48

Trop de victimes innocentes selon Amnesty International

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