Libération massive de prisonniers en Ethiopie, oui mais... | Afrique | DW | 17.01.2018
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Afrique

Libération massive de prisonniers en Ethiopie, oui mais...

Plusieurs centaines de responsables politiques emprisonnés ont été libérés en Ethiopie. Les défenseurs des droits de l'Homme estiment que c'est l'arbre qui cache la forêt.

En Ethiopie, au moins 115 responsables politiques emprisonnés ont été libérés de la prison d'Addis Abeba, selon les autorités.  L'agence AP évoque également 361 autres libérations de détenus des prisons du sud du pays. Soit 477 personnes en tout, mais les chiffres varient beaucoup selon les sources.

Le plus célèbre des détenus libérés est le leader de l’opposition oromo Merera Gudina, du Congrès fédéral oromo. Il était inculpé notamment d'incitation aux émeutes et d'avoir préparé un coup d'État, alors que la plupart des autres prisonniers sont accusés de violences ethniques (à la frontière entre les régions oromo et somali, dans le sud du pays).

Les organisations de défense des droits de l’Homme dénoncent la répression systématique de toute contestation. Reporters sans frontières demande dans un communiqué publié ce matin aux autorités "d’élargir leur mesure à deux journalistes et un journaliste-citoyen" derrière les verrous.

Détentions arbitraires

Le juriste éthiopien Betru Dibaba estime lui aussi que ces libérations sont insuffisantes et déclare à la DW Amharique: "Les prisonniers politiques sont condamnés en Ethiopie, lorsqu’ils ont appelé à protester par des moyens pacifiques. D’autres parce qu’ils ont participé à l’étranger des manifestations en lien avec la question des droits de l’Homme." Selon lui, ces militants "sont emprisonnés parce qu’ils ont défendu l’intérêt général" alors même qu'il s'agit d'"un droit reconnu par la constitution" et de poursuivre: "il serait juste de les libérer tous sans condition. Seuls quelques-uns sont libérés mais beaucoup restent en prison".

A Bishoftu (REUTERS/File Photo/T. Negeri)

Depuis 2015, la répression de la contestation oromo a été sévère

En 2015, des responsables Oromos ont lancé un vaste mouvement de contestation contre un projet d’extension de la capitale qui empiétait sur leur territoire. Des centaines d’entre eux ont été tués dans la répression de leurs manifestations et des milliers d’autres arrêtés dans le cadre de l’état d’urgence instauré par la suite.

Le gouvernement éthiopien conteste l’existence même de prisonniers politiques dans le pays.

Réactions des internautes

Sur son compte Twitter, l'organisation des droits de l'homme éthiopienne, EHRP, se félicite de la remise en liberté du leader oromo: " Enfin, le Dr Merera Gudina a été libéré de prison, même s'il n'aurait jamais dû être emprisonné" affirme l'organisation. 

SurTwitter toujours, Ana Gomez, députée socialiste au Parlement européen, écrit que c'est une grande joie et un soulagement. "Son emprisonnement prouve la nature répressive du régime". Et selon la députée, sa libération montre que le gouvernement s'approche de la fin (voir tweet ci-dessus)!   

Durant la fête Irreecha en 2017 (DW/Y. Gebregzihabher)

Ce signe est devenu celui du ralliement à la cause oromo, contre la répression étatique

Ghislain du Burundi nous a laissé un message sur WhatsApp dans lequel il estime que cette politique de fer menée en Ethiopie fait d'autant plus mal que le pays représente l'Union africaine (elle y a son siège) et ses valeurs. Ghislain se réjouit néanmoins de ce premier pas, à l'instar d'Amnesty International:

Moulaye de Bamako observe que "libérer des opposants est un pas vers la liberté, mais ce n'est pas une avancée vers la démocratie. Il faut faire plus, par exemple accepter les débats politiques avec les opposants, qu'ils aient la liberté d'expression, organiser des élections transparentes, mener une politique de justice sociale, instaurer un équilibre de contrôle entre l'exécutif et le législatif"

Sur Facebook, Fiston de RDC se veut aussi prudent : "Doucement, écrit-il, attendons qu'ils soient tous relâchés et que l'État accepte de respecter les libertés et les droits des opposants. A ce moment là, nous pourrons croire à une démocratisation. Parce que ceux qui sont relâchés aujourd'hui peuvent être encore arrêtés demain ! "