L′héritage du roi des rois | Afro-presse (hebdomadaire) | DW | 09.09.2011
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Afro-presse (hebdomadaire)

L'héritage du roi des rois

Dans l'actualité africaine la Libye continue de retenir l'attention de la presse allemande.

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Un monde sans Mouammar Kadhafi est sans doute plaisant à imaginer, écrit la Süddeutsche Zeitung. Mais beaucoup d'Africains vont d'abord devoir s'habituer à une Afrique sans Kadhafi. Le père fondateur de l'Union africaine, le généreux parrain de mouvements de libération, l'excentrique qui résistait aux anciens colonisateurs - tout cela c'est du passé. Kadhafi laisse un vide douloureux pour de nombreux Africains - non seulement chez des dictateurs corrompus dont le colonel avait acheté la sympathie à coup de milliards. La guerre d'extermination menée par Kadhafi contre son propre peuple n'a que peu entamé cet engouement. Selon une estimation du Conseil national de transition, lit-on plus loin, Kadhafi a distribué plus de 40 milliards de dollars sur le continent. Les rebelles ont laissé entendre qu'ils mettraient un terme à cette générosité. Une vingtaine de pays membres de l'UA ont néanmoins reconnu le CNT. Mais l'Union africaine, en tant qu'institution, est divisée. Cette division fait à premiere vue l'effet d'un aveu d'impuissance - comme tout ce que l'UA a entrepris ces derniers temps. Elle a failli lors de la crise sanglante en Côte d'Ivoire, elle a assisté en spectateur au début du printemps arabe en Tunisie et en Egypte, elle a minimisé la famine dans la Corne de l'Afrique. Mais, estime le journal, cette division est aussi porteuse d'une chance car elle témoigne du souhait d'équiper l' organisation d'outils forts, plutôt que d'hommes forts.

Libyen Tunesien Migranten Arbeiter

Un Ghanéen de Libye réfugié en Tunisie

Traités comme des esclaves

Les drames vécus par les Subsahariens encore présents en Libye sont relatés dans un long reportage de l'hebdomadaire die Zeit. C'est l'histoire, entre autres, d'Amedi Doucomer, 26 ans, peintre de profession, arrivé en Libye il y a six ans. Il est parmi le millier d'Africains échoués dans une base navale abandonnée de l'ancienne armée libyenne, à Maya, une petite ville située à 27km à l'ouest de Tripoli. La révolution est encore jeune, écrit le journal. Même à Tripoli, les rebelles en sont encore à chasser les derniers partisans de Kadhafi. Dans cette atmosphère surchauffée, il suffit souvent d'un papier d'identité périmé pour avoir des difficultés quand on est un migrant subsaharien. Plusieurs milliers ont été arrêtés ces dernières semaines. Le nouveau ministre de la justice, note die Zeit, a assuré à plusieurs reprises que les partisans de Kadhafi auraient droit à des procès équitables. Certains des Africains arrêtés ont avoué avoir combattu chez les pro-kadhafistes. Mais comme le dit un Nigérian de 28 ans, Victor Adun, "en vérité les Libyens ne savent pas qui est qui. Que l'on soit Libyen ou Nigérian, peu leur importe. Pour eux, la couleur de la peau est la seule chose qui compte. "Beaucoup de migrants, relève encore le journal, disent que le racisme est profondément enraciné dans la sociéte libyenne. Beaucoup croient aussi que les derniers événements offrent un alibi bienvenu pour laisser libre cours aux ressentiments.

Ungarn Ernteraub Jugendliche

Julius Malema


Une jeunesse sud-africaine en colère

L'Afrique du sud reste cette semaine un autre sujet d'intérêt pour la presse allemande. La procédure disciplinaire engagée par l'ANC contre le président de sa ligue de jeunesse devait reprendre ce dimanche. Julius Malema risque l'exclusion. L'issue de cette procédure, écrit la Frankfurter Allgemeine Zeitung, sera déterminante non seulement pour la carrière politique personnelle du jeune politicien. Elle le sera également pour l'avenir politique et la réputation du pays comme premier site économique sur le continent africain. Pour les partisans de Malema , ceux qui ont provoqué de véritables émeutes dans le centre de
Johannesburg, l'enjeu n'est pas la procédure disciplinaire en elle-même. De l'avis d'experts économiques, c'est surtout la colère, engendrée par le manque de perspectives, qui a éclaté dans les rues de Johannesburg. Près de 20 ans après la fin de la politique de ségrégation raciale, la vie de millions de Sud-Africains noirs ne s'est pratiquement pas améliorée. Le fossé entre riches et pauvres s'est encore creusé. Officiellement, note plus loin le journal, le taux de chômage est de 25%. Mais l'institut sud-africain pour les relations raciales a calculé dernièrement que la moitié de tous les Sud-Africains âgés actuellement de 25 à 34 ans n'aura jamais un travail dans leur vie.

Afrikanische Unternehmer: Sydney Tumelo Mokheti aus Südafrika

L'équipe de Black Apple Consulting à Johannesburg

Le Financial Times Deutschland n'en souligne pas moins l'attrait inaltéré exercé par l'Afrique du sud sur les investisseurs étrangers. Il insiste également sur le dynamisme des entreprises sud-africaines. Le géant des télécoms, MTN, est pris comme exemple. Le groupe, note le journal, réalise 60% de ses recettes sur les marchés de l'Afrique subsaharienne. A moyen et long terme, le potentiel est énorme. 350 millions d'Africains possèdent un téléphone portable. Ils seront deux fois plus nombreux dans cinq ans. L'Afrique est depuis des années le marché qui connait la croissance la plus rapide au monde pour ce qui est des télécommunications, souligne le journal.

Somalia Dürre Hungersnot Kinder in Mogadischu

Mogadiscio, août 2011

Un mince espoir pour la Somalie

Une paix fragile à Mogadiscio - c'est le constat que fait la Süddeutsche Zeitung après la conférence qui vient d'avoir lieu dans la capitale somalienne. Une feuille de route en est sortie, elle est censée mettre sur les rails une Somalie unie et stable. Mais écrit le journal, le scepticisme est de rigueur. Beaucoup de groupes refusent toujours de coopérer avec le gouvernement de transition, soutenu par la communauté internationale. Le pays est de surcroit soumis à des influences extérieures qui compliquent tout accord entre régions et groupes rivaux. Et puis note encore le journal, beaucoup de Somaliens sont aussi sceptiques vis-à-vis du gouvernement de transition. Il absorbe énormément d'argent, mais la population n'en profite guère.

Auteur: Marie-Ange Pioerron
Edition: Philippe Pognan

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