L′héritage de Nelson Mandela préservé? | Afro-presse (hebdomadaire) | DW | 22.12.2017
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AFRO-PRESSE (HEBDOMADAIRE)

L'héritage de Nelson Mandela préservé?

Cette semaine, les quotidiens sont nombreux à commenter l'élection de Cyril Ramaphosa à la tête de l'ANC, en Afrique du Sud. La migration et les passeurs sont également des thèmes qui reviennent régulièrement.

L'ANC a évité de justesse la grande crise interne au parti, écrit Dominic Johnson dans la tageszeitung, la taz . Avec l'élection de Cyril Ramaphosa comme chef de l'ancien mouvement de libération de l'Afrique du Sud, l'ANC a su conserver l'héritage de Nelson Mandela.

Pour la taz, c'est une victoire sur sa rivale, Nkosazana Dlamini-Zuma. 

Bildkombo Nkosazana Dlamini-Zuma und Cyril Ramaphosa (Getty Images/AFP/R. Jantilal/G. Kirk)

Cyril Ramaphosa et sa rivale, Nkosazana Dlamini-Zuma

Mais avec 52% des voix des délégués du parti, la victoire de Ramaphosa est une courte victoire, si courte que l'on est loin d'une fin définitive de la crise qui secoue l'ANC. Seule la responsabilité d'une solution à la crise a changé de camp. Jusqu'à présent, elle incombait à jacob Zuma. C'est désormais à Ramaphosa de dépasser l'image du parti.

 

Quand Ramaphosa répond au téléphone en plein Congrès

Il aurait pu en toute conscience rejeter cet appel, ou dire qu'il était en réunion, ce qui était le cas, affirme la Süddeutsche Zeitung . Mais Cyril Ramaphosa a semblé se réjouir de ce coup de fil à ce moment-là. Il faut dire, précise le journal de Munich, que cela faisait une heure qu'il était debout, sur la scène du Congrès de l'ANC, juste à côté de Jacob Zuma, et qu'il attendait, par environ 40 degrés, si l'un allait devenir le successeur de l'autre. Jusqu'à ce que ce coup de fil arrive.

Peu de temps après, explique la Süddeutsche Zeitung, une partie de la salle acclamait l'heureux élu, tandis que son prédecesseur disparaissait dans la foule.

Südafrika ANC Parteitag (Getty Images/AFP/M. Safodien)

L'ANC se réunissait pour la 54ème fois au niveau national

Mais le Congrès a surtout montré que le problème du parti ne réside pas uniquement en la personne de Jacob Zuma. Pendant des années, de nombreux membres du parti ont détourné le regard. Il n'y a pas eu d'esclandre  quand Zuma a commencé à distribuer les richesses de l'Etat à ses favoris. Un système corrompu qui s'étend jusqu'au plus petit village. Voilà qui ne disparaît pas en une nuit.

Ramaphosa va-t-il sauver le parti? Les journaux sont sceptiques

Il n'y a aucun doute sur le fait que Ramaphosa soit un bien meilleur candidat que sa rivale, affirme le Handelsblatt. Mais il serait naïf  de le voir comme un guérisseur capable de faire des miracles – ce que font les marchés, précise le quotidien. Pendant des années, il a porté la politique de Zuma et ce n'est que récemment qu'il s'est soulevé contre le népotisme et la cléptocratie. Et puis, le problème au Cap, ce n'est pas seulement le chef de l'Etat mais le parti de l'ANC, corrompu à tous les étages.

Deux journaux parlent également des migrants africains et de la Libye

La Frankfurter Allgemeine Zeitung tout d'abord qui constate qu'il est certes possible de faire diminuer la migration mais à quel prix. Les chiffres sont éloquents : en octobre et en novembre de cette année, moins de 6000 personnes ont atteint l'Italie, contre 27 300 à la même époque l'an dernier.

Libyen Küstenwache auf Patrouille (Getty Images/AFP/T. Jawashi)

Certains gardes-côtes libyens ont été formés par l'UE

L'explication est simple : les gardes-côtes libyens interceptent la plupart des migrants. Et c'est là le problème, constate le quotidien de Francfort qui cite différentes organisations de défense des droits de l'homme. Amnesty International qui critique le fait que l'Union Européenne n'ait pour l'instant pas mis en place un système de traçage des migrants qui sont reconduits en Libye. Ils atterrissent pour la plupart dans des prisons et risquent la torture, le travail forcé ou encore d'être tués de manière parfaitement arbitraire.

Certes, écrit la faz, les barricades érigées par l'Union Européenne ont permis de faire baisser le nombre de migrants. Mais ces mêmes barricades ont des conséquences atroces sur leur destin. Et si l'on pensait désormais à la protection des droits des réfugiés plutôt qu'à vouloir s'isoler à tout prix ?

"Terminus Agadez"

C'est le titre du reportage de la taz. Terminus pour des Toyotas blanches alignées les unes à côté des autres.  Le commandant Issak Abdou marche à travers elles tel un vendeur de voitures d'occasion, celle-ci vaut 7 millions de Francs CFA, celle-là 10 millions, explique-t-il.

Niger Migranten Flüchtlinge Wüste (picture alliance/dpa/D.von Trotha)

Des migrants sur la route entre Agadez et la Libye

Et pourtant, précise le quotidien, les véhicules ne sont pas à vendre. Encore récemment, chacun d'entre eux était sur la route entre Agadez au Niger et la Libye. A leur bord, des Nigérians, des Sénégalais, des Camerounais ou encore des Gambiens. Depuis que le parlement nigérien a voté une loi contre le trafic d'êtres humains, Issak Abdou doit faire arrêter tous ceux qui transportent des gens à travers le désert, et confisquer leur voiture. La surface de chargement d'une Toyota fait à peu près la taille d'un lit. 25 personnes s'y entassent, explique le commandant.

Et la taz de conclure : plus les migrants en route pour l'Europe se rapprochent de leur but, plus le voyage est mafieux, coûteux et dangereux. Agadez représente une césure. Jusqu'à cette ville, les migrants ont la loi avec eux. Au-delà, ils ne peuvent plus compter sur rien ni personne.

 

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