L’Europe sous le choc | Europe | DW | 28.07.2011
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Europe

L’Europe sous le choc

Le massacre perpétré par un illuminé qui voulait sauver le continent de l’invasion musulmane pose la question des peurs face à l’immigration et à l’islam. Des peurs exploitées par les partis populistes qui prospèrent.

Des milliers de roses ont été déposées par une foule endeuillée devant la cathédrale d'Oslo

Des milliers de roses ont été déposées par une foule endeuillée devant la cathédrale d'Oslo

Pourquoi l’Europe a-t-elle peur, pourquoi l’Europe aujourd’hui semble-t-elle toujours plus encline à se replier sur elle-même – et sur ses frontières – plutôt que s’ouvrir et affronter les défis de l’avenir ? Sur ce point, les révolutions arabes sont emblématiques. La Tunisie et l’Egypte ont chassé en un temps record leurs tyrans et en réponse, l’Europe ne voit qu’une chose : les 20 000 réfugiés tunisiens qui se sont pressés à Lampedusa. 20 000 à l’échelle d’un continent de 500 millions d’habitants, qu’est-ce que cela représente ? Même à l’échelle d’un pays comme la France ou l’Italie. Alors que pendant ce temps, la Tunisie pour sa part accueillie avec une réelle générosité environ 160 000 réfugiés libyens. Le Premier ministre tunisien par intérim, Beji Caid Essebsi, s’en était ému en rappelant que 160 000 réfugiés, à l’échelle d’un petit pays comme la Tunisie, c’était l’équivalent d’un million de réfugiés en France.

Vous imaginez la réaction du gouvernement français si un million de migrants venait frapper à sa porte ? Vous imaginez la panique. C’est cette panique, cette peur qu’on sent si souvent aujourd’hui en Europe, peur de l’étranger, peur face à l’immigration et à l’islam. Et c’est sur ce terreau que prospèrent les mouvements d’extrême-droite et le populisme en Europe. Une extrême-droite dont se réclamait Anders Breivik, le meurtrier de 76 personnes en Norvège : celui-ci a déclaré qu’il voulait libérer l’Europe du marxisme et de l’islam. En assassinant tous ceux qui croient en une vision cosmopolite et éclairée de l’Europe. Mais l’Europe ce n’est pas Anders Breivik, l’Europe c’est une tradition humaniste, l’Europe c’est un projet de réconciliation unique au monde. C’est ce en quoi nous voulons encore croire.

Anders Behring Breivik quittant le palais de justice d'Oslo le 25 juillet

Anders Behring Breivik quittant le palais de justice d'Oslo le 25 juillet

"Eurabia" ou le phantasme de l'invasion

Nous revenons donc sur le massacre d’Oslo ou comment un chrétien fondamentaliste proche des milieux néo-fascistes a longuement planifié deux attentats qui ont fait 76 morts. Alors, est-ce que ce massacre est la pire illustration des peurs des sociétés du nord de l’Europe face à l’immigration, face à l’islam, qui plus est dans des pays dont la population était jusqu’alors assez homogène ?

C’est la question que nous avons posé au chercheur et spécialiste de l’extrême-droite en Europe, Jean-Yves Camus.

Un douanier danois au pont de l'Öresund marquant la frontière entre le Danemark et la Suède

Un douanier danois au pont de l'Öresund marquant la frontière entre le Danemark et la Suède

Replié sur ses frontières

Nous restons dans cette Europe du nord qui nous préoccupe tant. Des pays où les partis populistes influencent les décisions des gouvernements. C’est particulièrement vrai au Danemark. Au printemps, ce pays qui fait partie de l’Espace Schengen a annoncé son intention de rétablir les contrôles douaniers à ses frontières avec l'Allemagne et la Suède.

Si officiellement, il s'agit de lutter contre la criminalité, l’immigration illégale est aussi visée et des voix s'élèvent en Suède pour dénoncer une dérive sécuritaire initiée par le parti d'extrême-droite danois.

C’est un reportage de Benoit Derrier.

Auteur : Jean-Michel Bos

Edition : Elisabeth Cadot

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