L’Europe se serre la ceinture | Carrefour Europe | DW | 09.12.2011
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Carrefour Europe

L’Europe se serre la ceinture

L’austérité, mis à la mode européenne par Berlin, se solde par des difficultés sociales et des drames humains. La crise a des conséquences sociales graves qui sont souvent dissimulées par le jargon macro-économique.

Le couple franco-allemand, est le grand artisan de l'union budgétaire qui doit à terme effacer les déficits publics

Le couple franco-allemand, est le grand artisan de l'union budgétaire qui doit à terme effacer les déficits publics

Après l’Europe de la crise voici l’Europe de la rigueur car tout est lié. L’austérité réclamée à cors et  cris par Berlin et acceptée par le reste de l’Europe lors du Sommet du 9 décembre, cette austérité tant vantée comme la seule issue de secours pour l’Europe, cette « règle d’or » inscrite dans les constitutions et qui rend hors-la-loi les dérapages budgétaires, bref cette vertu de la bonne gestion et de la mesure érigée en valeur continentale a un prix douloureux pour ceux qui en subissent les conséquences, à savoir les populations qui, elles, sentent passer le serrage de ceinture supplémentaire. L’accroissement de la précarité sur le continent européen n’est pas un phénomène nouveau mais la crise ne va faire qu’aggraver les choses. Car les plans d’austérité, à court terme, tuent la croissance, enrayent les investissements, font s’accroître le chômage et avec cela, la pauvreté.

La montée des populismes d'extrême-droite, comme ici en France avec Marine Le Pen, est une des conséquences politiques les plus visibles de la crise

La montée des populismes d'extrême-droite, comme ici en France avec Marine Le Pen, est une des conséquences politiques les plus visibles de la crise

Montée des populismes

Que dire aussi de pays comme la Grèce ou l’Italie où les salariés ont déjà l’impression d’avoir concédé l’impossible et à qui on explique que ce n’est pas suffisant ? Et qu’il va falloir faire plus pour rembourser des décennies de gabegies politiques et, au passage, les intérêts des emprunts, toujours plus exorbitants, versés aux marchés financiers, une belle manière de désigner les spéculateurs qui parient sur la faillite de la Grèce car cela leur rapporte le gros lot. Derrière cette crise, c’est la question de la légitimité démocratique de ces décisions qui se posent. Avec, en filigrane mais dans un murmure de plus en plus perceptible, la montée des populismes et des extrémismes de tous poils qui surfent sur la frustration et le désespoir de ces électeurs qui font forcément le mauvais choix. Mais qui pourra vraiment le leur reprocher ?

Recul démocratique

Nous restons sur ce thème du coût social de tous ces plans de réduction des dépenses publiques. Pour tâcher d’avoir pour une fois une autre vision de cette crise, nous avons demandé la réaction, le commentaire de Georges Dassis qui est doublement concernée et bien placée pour en parler.

Premièrement parce qu’il est le représentant des syndicats au Comité économique et sociale à Bruxelles. Deuxièmement parce qu’il est grec et qu’il voit autour de lui ce que l’austérité signifie.

Manifestants dans les rues de Barcelone, la capitale de la Catalogne

Manifestants dans les rues de Barcelone, la capitale de la Catalogne

Le secteur de la santé sinistré

Nous restons sur ce thème des réductions des dépenses publiques et leurs conséquences. Pour cela, nous partons en Espagne Les finances de ce pays sont plombées par le déficit colossal des régions. Pour réduire leur dette et atteindre les objectifs fixés par Bruxelles et le Fonds monétaire international, les gouvernements régionaux sont contraint de procéder à des coupes franches dans leur budget.  

En Espagne, la santé est décentralisée et ce sont donc les régions qui la gèrent. Dans le nord du pays, en Catalogne, le budget de la santé a été très fortement réduit. Des services entiers ont  fermés. Les malades doivent même attendre parfois des mois avant de pouvoir être opérés. Cette politique de rigueur remet fondamentalement en cause le fonctionnement de la santé publique.

Un reportage dans un hôpital à Girona dans le nord de l’Espagne. Il est signé Henry de Laguérie.

Auteur : Jean-Michel Bos

Edition : Elisabeth Cadot

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