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Europe

L'Europe du chacun pour soi

Est-ce encore un sommet de la dernière chance? Les 27 chefs d'Etat et de gouvernement européens réunis en sommet à Bruxelles ont la tâche délicate de trouver un compromis sur le futur budget de l'Union.

EU heads of state pose for the media during an EU summit in Brussels on Thursday, Oct. 18, 2012. European leaders are gathering again in Brussels to discuss how to save the euro currency from collapse and support countries facing too much debt and not enough growth. First row from left to right are: EU foreign policy chief Catherine Ashton, Slovakia's Prime Minister Robert Fico, Luxembourg's Prime Minister Jean-Claude Juncker, Italy's Prime Minister Mario Monti, Irish Prime Minister Enda Kenny, European Parliament President Martin Schulz, Romania's President Traian Basescu, Cypriot President Dimitris Christofias, European Council President Herman Van Rompuy, Lithuania's President Dalia Grybauskaite, French President Francois Hollande, European Commission President Jose Manuel Barroso, Greek Prime Minister Antonis Samaras, Latvian Prime Minister Valdis Dombrovskis, Dutch Prime Minister Mark Rutte, General Secretariat of The Council Uwe Corsepius, second row, left to right: Croatia's Prime Minister Zoran Milanovic, Denmark's Prime Minister Helle Thorning-Schmidt, Poland's Prime Minister Donald Tusk, Hungarian Prime Minister Viktor Orban, Belgium's Prime Minister Elio Di Rupo, Spain's Prime Minister Mariano Rajoy, Swedish Prime Minister Fredrik Reinfeldt, Czech Republic's Prime Minister Petr Necas, Slovenia's Prime Minister Janez Jansa, German Chancellor Angela Merkel, Finland's Prime Minister Jyrki Katainen, Austrian Chancellor Werner Faymann, Bulgarian Prime Minister Boyko Borissov, Estonia's Prime Minister Andrus Ansip, British Prime Minister David Cameron and Malta's Prime Minister Lawrence Gonzi. (Foto:Remy de la Mauviniere/AP/dapd)

Belgien EU Gipfel Finanzkrise Gruppenfoto

Londres exige une réduction des dépenses et menace de brandir son veto. Tandis que ses partenaires considèrent avec irritation les demandes de la Grande-Bretagne qui semble prête à quitter l'Union européenne. Alors, va-t-on assister à un sommet marathon avec son cortège de moments dramatiques ? C'est ce à quoi en tous cas tout le monde s'attend. La Grande-Bretagne exige que le budget européen se serre la ceinture en partant du principe assez logique que si les États font de même à cause de la crise pourquoi pas l'Europe? Sauf que Londres oublie que le budget européen n'est jamais déficitaire, les déficits lui sont interdits. Et à trop demander, David Cameron, le Premier ministre britannique, s'est mis dans une position impossible.

Celui-ci demande en effet une baisse de 100 milliards d'euros sur un budget de 1000 milliards environ pour sept ans puisqu'il s'agit d'un budget qui couvre la période 2014-2020. Seulement, la position de la Grande-Bretagne est intenable. Tout d'abord car le budget européen est faible. Il représente seulement 1% du PIB européen. Avec 138 milliards d'euros pour 2013, il est inférieur à celui de l'Autriche. Les fonctionnaires vilipendés par Londres représentent seulement 8 milliards de coûts administratifs alors que la Grande-Bretagne a fait un chèque de 25 fois cette valeur pour payer ses fonctionnaires nationaux en 2012.

Britain's Prime Minister David Cameron arrives at the EU council headquarters for a European Union leaders summit discussing the European Union's long-term budget in Brussels November 22, 2012. EU heads of state and governments will need to agree on a first-ever cut in the bloc's long-term spending plans if they are to clinch a deal at the summit starting on Thursday, with the drive for austerity likely to trump all other concerns. REUTERS/Yves Herman (BELGIUM - Tags: POLITICS BUSINESS)

Le Premier ministre britannique David Cameron à son arrivée à Bruxelles

Ambigüité créative

Enfin, s'il n'y a pas d'accord, le budget sera automatiquement reconduit sur la base de l'année 2011 plus le taux d'inflation. Ce qui signifierait en fait une hausse. David Cameron aurait dû mieux relire les traités. Alors, le risque d'un crash est-il réel avec la possibilité que la Grande-Bretagne quitte l'Union européenne? Tout est possible. Les partenaires européens sont agacés par Londres qui exige une baisse du budget européen et réclame en même temps un rabais annuel de 3,5 milliards d'euros obtenu en 1984 par Margaret Thatcher.

Un chèque britannique que David Cameron refuse de remettre en cause et propose à la place de tailler dans la Politique Agricole Commune. Ce qui bien entendu ravit les Français qui financent déjà un quart du remboursement accordé à la Grande-Bretagne. Donc on parle beaucoup d'argent en ce moment à Bruxelles. Et comme souvent, on en ressortira avec un compromis si complexe qu''il sera en mesure de forger cette "ambigüité créative" comme on l'appelle. Une ambigüité qui permet à chacun de rentrer chez lui en proclamant sa victoire sur la base d'une interprétation personnelle. C'est parfois du niveau de cour de récréation.

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