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Afrique

L'est de la RDC, dangereux pour les femmes

Selon les statistiques, 48 femmes en moyenne sont victimes, chaque heure, d'agression sexuelle dans l'est de la République démocratique du Congo. La plupart des auteurs de viol sont des rebelles.

Alors qu'un accord devrait être signé dimanche, à Addis Abeba, pour remédier à la crise qui sévit dans la partie orientale de la République démocratique du Congo, cette zone est toujours considérée comme l'un des endroits les plus dangereux au monde, surtout pour les femmes. Des soldats de l'armée ou des membres de groupes d'autodéfense, c'est-à-dire des hommes armés en uniforme y commettent des viols. Mais pourquoi donc ces hommes commettent-ils ces viols? Des psychologues allemands se sont penchés sur la question.

Pendant deux ans, des psychologues allemands de l'Université de Constance sont allés dans l'est du Congo, pour étudier le comportement d'anciens combattants de la région. Ils ont tenté d'analyser les motivations qui ont poussé ces hommes à commettre des viols. L'objectif était de mieux comprendre le mécanisme des viols, parfois collectifs, qui sont commis de façon quasi systématique, afin de les éviter à l'avenir. Bonerge Kiunga, 19 ans, s'est confié aux scientifiques venus d'Allemagne : 

Kongo M23 Rebellen ziehen aus besetzen Gebieten

Un groupe de rebelles dans l'est du Congo.

« Lorsque je prends de la drogue, je me sens invulnérable pendant plusieurs jours, comme si j'étais le maître du monde. Et là, j'ai besoin de sexe. Or on n'a pas le droit de faire l'amour quand on prépare la guerre. C'est une des conditions pour que la drogue fasse effet. Mais, après avoir pris un village, et en attendant la suite des événements, on prend une femme.»

Selon les psychologues allemands, la drogue stimule sexuellement et accroit la propension à la violence. Tobias Hecker, chercheur en psychiatrie à Constance, a interviewé plus d'une centaine d'auteurs de viols. Et selon lui, tous les violeurs ne cherchent pas forcément la satisfaction sexuelle :

« Il y a des viols collectifs, qui se font avec machettes et bâtons, et leur but premier n'est pas le plaisir sexuel, mais la pression du groupe. Alors, quand un groupe d'hommes viole une femme, ils doivent se surpasser les  uns les autres, notamment dans la cruauté. Par ailleurs, cela est gênant de ne pas avoir d'érection. Alors pour le cacher, on se montre brutal pour ne pas perdre la face. »

Les psychologues allemands expliquent que des chefs de milices peuvent également exiger que leurs hommes violent mères et filles du camp adverse. Le viol est aussi une arme de guerre. C'est ce qui s'est par exemple passé en 2010 dans la région de Walikale, où des miliciens ont violé plus de 300 femmes.

Selon l'étude, les délinquants sexuels qui arrivent à quitter les milices ont besoin de soutien psychologique. Cette aide leur permet de traiter leur dépendance à la violence et aussi de surmonter le traumatisme qu'ils ont vécu. En retour, ils pourront s'insérer dans la société.

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