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Afro-presse (hebdomadaire)

Les vraies causes de l'exode

La crise des migrants occupe toujours une large place dans la presse. Les journaux dénoncent notamment une possible coopération de l'Union européenne avec des États africains peu recommandables.

Or, diamants, coltan, bauxite, etc. Les ressources naturelles de l'Afrique ne profitent pas à ses populations.

Or, diamants, coltan, bauxite, etc. Les ressources naturelles de l'Afrique ne profitent pas à ses populations.

Bruxelles semblerait envisager de coopérer avec l'Erithrée, le Soudan, l'Éthiopie ou encore la Somalie pour y renvoyer des migrants. Selon les informations du magazine d'investigation "Monitor" de la chaîne de télévision publique ARD, relayées notamment par la Berliner Zeitung, la Commission européenne et le service des Affaires étrangères de l'Union européenne auraient proposé concrètement à ces pays de reprendre leurs ressortissants en échange d'aides économiques et d'exemption de visas pour leurs diplomates...

Selon les diplomates européens, la situation en Éthiopie est catastrophique... ce qui n'empêche pas de proposer à Addis Abeba de coopérer sur le retour des migrants

Selon les diplomates européens, la situation en Éthiopie est catastrophique... ce qui n'empêche pas de proposer à Addis Abeba de coopérer sur le retour des migrants

Le protocole confidentiel, qui ne devait "en aucun cas être publié" mais qui a manifestement fuité, comporte également un état des lieux des droits de l'Homme dans les pays concernés, poursuit le quotidien. Il y est par exemple suggéré de rayer le Soudan de la liste des "États soutenant le terrorisme", mais déconseillé de trop s'engager dans le pays d'Omar el-Béchir pour - je cite - "ne pas nuire à la réputation de l'UE", étant donné que le président soudanais est sous le coup d'un mandat d'arrêt international émis par la CPI.

Ce sont "les droits de l'Homme à l'européenne", commente le journal Neues Deutschland, qui pointe la logique cynique de l'Union européenne d'empêcher à tout prix les demandes d'asile. Depuis de nombreuses années, l'UE soutient les États nord-africains - y compris la Libye du temps de Mouammar Kadhafi - par des aides financières, des livraisons de matériel de surveillance ou de patrouille, afin de limiter les départs via la Méditerranée. Et le renvoi des migrants vers des États où les droits de l'Homme ne comptent pas permet une coopération particulièrement efficace. L'Union européenne, lauréate du Prix Nobel de la Paix, renforce la misère et entretient des conflits qui entraînent les populations à fuir, dénonce Neues Deutschland.

La "crise des migrants" n'est pas finie

Des milliers de migrants continuent à tenter de rejoindre l'Union européenne et nombre d'entre eux y perdent la vie. Un nouveau naufrage entre l'Égypte et l'Italie a coûté la vie à au moins 400 personnes dont une majorité de Somaliens, selon des témoignages de rescapés relayés par la presse allemande. Le flou a d'ailleurs régné pendant plusieurs jours sur les chiffres mais aussi sur les circonstances de ce nouveau drame en Méditerranée.

Depuis le début de l'année 2016, 23.000 personnes ont tenté de rejoindre l'UE par la mer

Depuis le début de l'année 2016, 23.000 personnes ont tenté de rejoindre l'UE par la mer

Ce qui est sûr en revanche, c'est ce que le naufrage survient un an jour pour jour après celui qui avait emporté 800 personnes le 18 avril 2015, souligne le Tagesspiegel. À l'automne 2013, ils étaient environ 400 à avoir été envoyés à la mort par des passeurs sans scrupule. Et pourtant, des milliers de personnes entreprennent toujours le voyage par la Méditerranée. Cette année, quelque 23.000 migrants ont tenté la traversée.

Depuis l'accord entre la Turquie et l'Union européenne, le nombre d'arrivées de réfugiés en Grèce a diminué. En revanche, celui des migrants qui embarquent en Libye dans des bateaux plus ou moins aptes à la navigation ne cesse d'augmenter, renchérit l'hebdomadaire Die Zeit. Ils sont interceptés par les gardes-côtes italiens et transportés vers Lampedusa ou la Sicile. Au cours des premières semaines d'avril, l'Italie a vu débarquer jusqu'à 1800 personnes par jour. Et selon plusieurs responsables politiques européens, près de 800.000 personnes attendraient en Libye de pouvoir embarquer. Au vu de ces chiffres mais aussi des événements de l'année passée, une évidence s'impose : ni une petite mer ni un désert ne peut arrêter ceux qui sont prêts à tout pour fuir la violence ou la pauvreté.

Le pillage de l'Afrique

Un bon milliard de personnes vivent au sud du Sahara et on en prévoit le double d'ici la moitié du siècle, écrit le journal. Ces personnes, et c'est le propre de l'humanité, sont en quête d'une existence digne, de la perspective de mener leur vie comme elles l'entendent. Mais il y a des freins à ce développement. L'exploitation des ressources, la corruption, la défaillance des États sont autant de phénomènes qui prennent une dimension plus concrète au vu des révélations des Panama Papers.

Caricature de Godfrey Mwampembwa aka Gado

"Mais pourquoi vont-ils tous à Panama? On peut créer des compagnies pétrolières sans pour autant payer des impôts chez nous"

Les dossiers du cabinet de conseil panaméen Mossack Fonseca illustrent comment des élites locales et des hommes d'affaires étrangers font sortir des pays les recettes générées par les industries extractives en passant par des sociétés écrans, ne laissant que des États faibles et incapables de fonctionner, et des peuples assujettis. Tous les ans, poursuit le quotidien de Munich, au moins 53 milliards d'euros sortent illégalement d'Afrique, et selon des estimations cela pourrait même être le double. C'est en tout cas bien plus que le montant de l'aide au développement. Serait-il possible, demande la Süddeutsche, que la communauté internationale se soit trompée dans ses priorités quand elle affirme lutter contre la pauvreté ou, comme on le dit aujourd'hui, contre les "causes de l'exode"?

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