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Afrique

Les Togolais appelés aux urnes sur les réformes constitutionnelles

Les députés ont adopté ce mardi le projet de loi portant sur les réformes constitutionnelles. N’ayant pas atteint les 4/5e des voix, le projet sera soumis à référendum, conformément à l’article 144 de la constitution.

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"On ne les laissera pas faire un référendum bancal dans ce pays." (Me Paul Dodji Apevon)

Malgré le boycott des députés de l'opposition qui dénoncaient la non-rétroactivité qui devrait permettre au président Faure Gnassingbé de briguer un autre mandat en 2020, l'Assemblée togolaise a adopté le projet de loi portant sur les réformes constitutionnelles ce mardi. Mais le projet de loi n'a recueilli que 62 voix sur 91 et une abstention, soit la totalité des voix des députés membres du RPT-UNIR, le parti au pouvoir à l'Assemblée nationale. Pour cette séance exceptionnelle, 57 députés seulement étaient présents, dont 56 du parti présidentiel, l'Union pour la République (UNIR), 6 autres ayant voté par procuration. "C’est un non-évènement", affirme Paul Dodji Apevon, président des Forces démocratiques pour la République, FRD, un parti d’opposition. 

Paul Dodji Apevon veut encore croire que la réforme ne passera pas. "Oh, ça ne nous fait ni chaud, ni froid. Puisqu'on savait que c'est ça qu'ils voulaient faire. On ne les laissera pas faire un référendum bancal dans ce pays pour nous l'imposer. Pour faire des élections correctes, il faut un fichier électoral, il faut une Céni crédible, il faut une Cour constitutionnelle qui joue le jeu démocratique. On n'a rien de tout ça la aujourd'hui", estime-t-il. "Notre présence là-bas ne changera pas ce que ces gens-là ont décidé de faire. Nous avons proposé des amendements mais ils ont refusé d'examiner nos amendements. Vous voulez qu'on fasse quoi ? On va s'en prendre à nous, pourquoi ?", questionne-t-il

 

L’opposition doit s’en prendre à elle-même

Le président Togolais Faure Gnassingbe a remplacé son père décédé en février 2005.

Le président Togolais Faure Gnassingbe a remplacé son père décédé en février 2005.

L'actuel ministre de la fonction publique, du travail et de la réforme administrative, fustige la politique de la chaise vide prônée par les leaders de l’opposition. Selon Gilbert Bawara "on en peut pas obliger l’opposition à participer aux délibérations. Mais cette fois-ci, j'espère que les Togolais en tireront toutes les conséquences ? Vous savez, nous sommes en train de débattre de la Constitution révisée en 2002. Mais, s'il y a eu une révision en 2002, c'est parce qu’un certain nombre des responsables actuels de l'opposition avaient boycotté les élections de 1999 et 2002, ouvrant la voie à la révision de la Constitution", explique-t-il. Et dans la vie politique, et dans la vie tout court, quand on pose des actes, il faut savoir en assumer la responsabilité."

Pour sa part, Payadowa Boukpessi, le ministre de l'Administration territoriale, de la Décentralisation et des Collectivités locales a salué le vote "démocratique" des députés, assurant qu'un "referendum consacré aux dites réformes" sera organisé "dans les prochains mois".

Pour échapper à un référendum, ce projet de révision constitutionnelle devait être adopté directement en plénière, avec un vote des 4/5e des députés. Un quorum que le RPT/UNIR au pouvoir n’a pas pu réunir, puisqu’il n’a que 62 députés sur les 91 que compte l’Assemblée nationale. Il aurait fallu les voix des 29 autres députés de l’opposition, qui ont déserté l’hémicycle. N’ayant donc obtenu que 2/3 des voix, l’option du référendum devient inéluctable.

 

L’opposition maintient la pression

L'opposition exige le départ du pouvoir de Faure Gnassingbé.

L'opposition exige le départ du pouvoir de Faure Gnassingbé.

En dépit de la nouvelle donne, l'opposition ne veut pas lâcher la pression. Après le succès aussi historique qu'inattendu de ses marches des 6 et 7 septembre, qui ont réuni des centaines de milliers de personnes à travers le pays, elle entend rééditer l’exploit ce mercredi et jeudi. A travers un message vocal diffusé sur les réseaux sociaux, et notamment la plateforme de télécommunication WhatsApp, le chef de file de l’opposition Jean-Pierre Fabre a appelé ses partisans à "prendre part massivement aux manifestations", organisées dans le pays mercredi 19 et jeudi 20 septembre.

"Nous n'aurons pas de répit, nous n'aurons pas de repos tant que M. Faure Gnassingbé n'aura pas quitté le pouvoir comme vous le lui demandez", a lancé le président de l'ANC, l’Alliance nationale pour le changement. Du berger à la bergère, le parti au pouvoir appelle lui aussi ses partisans à manifester les mêmes jours que l’opposition.

   

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