Les Sud-Soudanais votent pour un référendum historique | Afrique | DW | 09.01.2011
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Afrique

Les Sud-Soudanais votent pour un référendum historique

Le référendum d'autodétermination du Sud-Soudan a commencé ce dimanche. Les habitants du Sud sont appelés à se prononcer en faveur de l'unité ou de la partition du pays. La consultation doit durer jusqu'au 15 janvier.

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Le drapeau du Sud-Soudan, futur emblème d'un Etat indépendant?

Les quelque 3.000 bureaux de vote ont ouvert à 8h, heure locale (6h TU). Mais de longues queues étaient déjà formées bien avant l'aube. C'est un jour historique pour les quatre millions de Sud-Soudanais qui se sont inscrits sur les listes afin de pouvoir décider de l'avenir de leur région. Le président sudiste, Salva Kiir, a été le premier à déposer son bulletin dans l'urne à Djouba, la capitale provinciale. « Je pense que le docteur John (Garang) et tous ceux qui sont morts avec lui sont avec nous aujourd'hui et je veux leur dire qu'ils ne sont pas morts pour rien », a-t-il déclaré en faisant référence au chef de la rébellion sudiste mort quelques jours après la signature de la paix avec le Nord en 2005.

La sécession, probable issue du scrutin

Referendum Südsudan

Longue attente devant les bureaux de vote

Le vote en faveur de l'indépendance ne fait pratiquement aucun doute. Le référendum d'autodétermination est en effet le point-clé de l'accord de paix qui a mis fin à plus de deux décennies de guerre civile entre le Sud majoritairement chrétien et animiste et le Nord musulman. Mais les craintes concernent l'après-référendum : le président soudanais, Omar el-Béchir, s'est certes engagé à respecter le résultat du vote, mais à quelques jours de la consultation, il estimait encore que « le Sud n'a pas la capacité de créer un Etat ou une autorité ». Il a également exprimé ses craintes sur une possible instabilité du Sud et ses répercussions sur le Nord.

"La séparation est une chance"

Dr. Manfred van Eckert Leiter GTZ Sudan

Manfred van Eckert

Le chef du bureau de la Société pour la Coopération internationale (GIZ) à Djouba, Manfred van Eckert, voit dans le référendum une grande chance pour la région. « La population sudiste a enfin l'occasion de prendre en main le développement de son pays », a-t-il confié à l'AFP. Même si les Sud-Soudanais auront « beaucoup de chemin à faire » s'ils se séparent du Nord, la consultation est pour eux une « fête de la joie », estime-t-il.

Dans le même temps, les experts reconnaissent que des questions cruciales restent encore à régler en cas d'indépendance du Sud : le tracé exact de la frontière, la répartition de la dette soudanaise, le statut juridique des Sud-Soudanais qui vivent dans le Nord ou encore, le partage des revenus du pétrole, dont le Sud possède 70% des gisements. La zone d'Abiyei, dont les deux parties se disputent la souveraineté, est également source de conflit. Un référendum séparé est d'ailleurs prévu pour cette région où des affrontements entre l'armée sudiste et une milice rebelle ont encore fait six morts vendredi. La communauté internationale a donc un rôle essentiel à jouer pour aider le Nord et le Sud à « trouver des compromis raisonnables », estime Manfred van Eckert.

Les résultats au plus tôt fin janvier

Wahl im Sudan Afrika

L'issue du vote est probable

Dans une contribution au New York Times, le président américain Barack Obama a appelé les Soudanais à un référendum pacifique. Les deux parties doivent selon lui éviter toute « provocation » qui pourrait conduire à des tensions ou empêcher les citoyens du Sud de voter librement. Parmi les nombreux observateurs du scrutin figurent l'ancien président américain Jimmy Carter et l'ex-secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan.

Le résultat de la consultation est annoncé au plus tôt pour la fin du mois. Si le divorce est prononcé, un nouvel Etat africain devrait voir le jour le 9 juillet. Son nom n'est pas encore décidé. Il pourrait s'appeler Nouveau Soudan, Equatorie, Djouwama ou République du Nil. D'une superficie équivalant à deux fois l'Italie, il englobe environ un quart du Soudan et compte huit millions d'habitants, soit un cinquième de la population soudanaise.

Auteurs : Annamaria Sigrist / Anne Le Touzé (avec AFP, RTR, DPA)
Edition : Mulay Abd'el Aziz

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