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Archives Afrique

Les shebab abandonnent Kismayo

Les islamistes somaliens ont quitté leur dernier grand bastion dans le sud de la Somalie suite à l'assaut des forces kényanes et somaliennes. Au Kenya, les civils paient cher l'engagement de leurs soldats dans l'AMISOM.

Les islamistes somaliens ont abandonné le grand port de Kismayo dans la nuit de vendredi (28.09.2012) à samedi, environ 24 heures après l'assaut lancé conjointement par les forces kényanes et somaliennes de l'AMISOM, la mission de l'Union africaine en Somalie. S'ils parlent d'un « retrait tactique », l'abandon de la ville constitue néanmoins un revers majeur pour les shebab.

Les miliciens shebab ont laissé la ville livrée à elle-même

Les miliciens shebab ont laissé la ville livrée à elle-même

Les miliciens islamistes étaient installés à Kismayo depuis près de quatre ans et la ville portuaire était devenue leur principal bastion depuis qu'ils avaient été chassés de Mogadiscio à l'été 2011. Kismayo était non seulement une source de revenus majeure, mais aussi un centre opérationnel pour les zones encore sous leur contrôle dans le sud et le centre du pays.

Pilonnage nocturne

Dans la nuit de samedi à dimanche, la marine kényane a pilonné la ville portuaire, sans doute pour briser des poches de résistance du groupe affilié à al-Qaïda ou pour détruire des installations militaires rebelles. Selon les shebab, ces bombardements auraient coûté la vie à au moins deux enfants. Information que dément le porte-parole de l'armée kényane, Cyrus Oguna.

Au lendemain de la fuite des shebab, la ville était livrée à elle-même car les forces de l'AMISOM n'y avaient toujours pas pénétré. « Nos forces entreront très prochainement et pacifiquement dans la ville, mais auparavant, il y a des mesures à prendre (pour neutraliser) les mines qui ont vraisemblablement été laissées par les combattants liés à al-Qaïda », a expliqué à l'AFP le général Abdikarin Youssouf Dhegobadan, commandant en second de l'armée somalienne. En attendant, au moins trois civils, dont un chef traditionnel, ont été tués dans ce qui ressemble à des règlements de compte, ont rapporté des habitants. 

Dommages collatéraux

La prise de Kismayo était l'objectif affiché de l'armée kényane, lorsqu'elle a décidé d'envoyer des troupes en Somalie en octobre 2011. Les forces kényanes ont intégré la force de l'Union africaine pour épauler l'armée gouvernementale somalienne dans leur combat contre les islamistes qui tentaient de renverser le gouvernement de transition du pays.

Un enfant a été tué dans un attentat à la grenade, dimanche, contre une église de Nairobi

Un enfant a été tué dans un attentat à la grenade, dimanche, contre une église de Nairobi

Mais depuis leur engagement en Somalie, les shebab ont appelé à de nombreuses reprises à des représailles sur le sol kényan. La plus meutrière a été perpétrée le 1er juillet dernier: 17 personnes ont été tuées lorsqu'un commando d'hommes cagoulés a attaqué deux églises à Garissa, dans l'est du Kenya. Ce dimanche (30.09.2012), une nouvelle attaque à la grenade a pris pour cible une église de la banlieue de Nairobi. Un enfant est mort et neuf autres ont été blessés, ce qui porte à une soixantaine le nombre de tués dans des attaques attribuées aux shebab somaliens au Kenya. Autre victimes collatérales de ce conflit : la communauté somalienne du Kenya. En représailles à l'attaque de ce matin à Nairobi, des centaines de personnes ont jeté des pierres sur des habitants d'origine somalienne d'un quartier voisin, les accusant d'être responsables de l'attentat.