Les séquestrés d′Abidjan | Afro-presse (hebdomadaire) | DW | 08.04.2011
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Afro-presse (hebdomadaire)

Les séquestrés d'Abidjan

La presse allemande suit la situation en Côte d'Ivoire, et plus précisément à Abidjan. Les articles cités ci-dessous sont parus alors que le président sortant Laurent Gbagbo était toujours retranché dans son bunker.

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Soldats pro-Ouattara, 06.04.11

La Frankfurter Allgemeine Zeitung titre sur les "séquestrés d'Abidjan", autrement dit la population civile, terrée chez elle, alors que la pénurie de denrées alimentaires se fait de plus en plus vive. La métropole économique de la Côte d'Ivoire, écrit le journal, est l'empire de la peur et de la violence à l'état pur. Dans un autre article le même journal évoque l'intervention des militaires français de l'opération Licorne dans la lutte de pouvoir entre Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara. Le président Sarkozy a longtemps hésité, note notre confrère. Depuis 2007 sa politique visait à ce que l'ancienne puissance coloniale ne soit plus impliquée dans des affrontements armés en Côte d'Ivoire. En décidant d'intervenir il tient surtout à préserver à long terme les intérêts français en Côte d'Ivoire. L'on craint à Paris que le pays, même après une démission de Gbagbo, ne soit durablement divisé en deux parties inconciliables. A court terme le président français juge de son devoir de protéger les 12 000 ressortissants français qui vivent à Abidjan.

Elfenbeinküste Unruhen Abidjan Rebellen

Civils en fuite à Abidjan

Pour le Tagesspiegel le conflit Gbagbo-Ouattara n'est certainement pas un duel entre un méchant et un bon. Les circonstances dans lesquelles Alassane Ouattara a acquis son immense fortune sont pour cela trop embrouillées. A la différence de Gbagbo, Ouattara est un malin stratège qui a l'opinion mondiale pour lui. Cet homme originaire du Nord ne donne pas le sentiment d'être un réconciliateur. Dans le sud du pays la crainte que Ouattara n'exerce sa vengeance après son accession à la présidence n'en est que plus grande. Sa veste que l'on dit propre est de surcroit entachée par un massacre que ses troupes auraient commis à Duekoué au cours de leur dernière offensive, ajoute le journal. Dans le même ordre d'idées, la Frankfurter Rundschau écrit que Ouattara doit unifier un pays profondément divisé, dont la population a quand même voté à 45% pour Laurent Gbagbo. Si "Ado", comme on appelle familièrement Ouattara, ne réussit pas à effacer les taches sur sa veste, s'il ne châtie pas les auteurs du massacre de Duekoué, jamais il ne ralliera le pays derrière lui.

Elfenbeinküste Frankreich UN Angriff auf Präsidentenpalast

Hélicoptère français au dessus du palais présidentiel

Le dilemme de l'intervention

Un quotidien allemand se penche plus généralement sur les interventions extérieures en Côte d'Ivoire et en Libye. Les guerres en Côte d'Ivoire et en Libye, écrit la Süddeutsche Zeitung, mettent à nu le dilemme moral dans lequel s'enferment les Etats lorsqu'ils légitiment des interventions militaires par des principes humanitaires. Tant qu'ils ne peuvent imposer ces principes au niveau universel, mieux vaut ne pas faire comme s'il s'agissait des lignes directrices d'une nouvelle politique étrangère mondiale. Cela perd vite sa crédibilité. Car les conflits dans les pays pauvres précisément montrent qu'il est impossible de protéger totalement les civils. Reste le devoir d'éviter le pire. Au Rwanda en 1994 le monde a laissé faire un génocide. Ce fut probablement le plus grand échec de la communauté internationale. Au Kenya en revanche une diplomatie rapide et judicieuse a évité l'escalade de la violence ethnique après les élections. En Côte d'Ivoire, poursuit le journal, le risque est grand que les tensions ethniques n'aboutissent à de nouveaux massacres, surtout si les adversaires de Gbgabo ne parviennent pas à rétablir l'ordre et le droit.

Referendum Südsudan

Salva Kiir, le président du Sud-Soudan

Le patient africain

A l'approche de l'indépendance du Sud-Soudan - ce sera le 9 juillet - la presse allemande revient cette semaine sur les défis qui attendent le nouvel Etat. Le "patient africain" comme l'appelle le quotidien Die Welt dans un article où il est d'abord question de la récente visite au Sud-Soudan du ministre allemand de la Coopération, Dirk Niebel. Niebel, écrit le journal, n'est pas le premier ministre européen à se rendre au Sud-Soudan. Ses collègues des Pays-Bas, du Danemark et de la Belgique ont déjà fait le voyage. Mais le fait qu'il se rende en personne sur place témoigne de l'importance qu'attache le gouvernement allemand au Sud-Soudan. L'Allemagne et l'Europe veulent un nouvel Etat stable, car c'est la stabilité de toute l'Afrique de l'est qui en dépend. Die Welt évoque ensuite la multitude de chantiers ouverts au Sud-Soudan. Mais ajoute le journal, l'une des tâches les plus importantes, sinon la plus importante, est de coordonner l'afflux de l'aide extérieure. Concrètement le Sud-Soudan a peu d'influence sur l'affectation de cette aide. Ce sont bien souvent les bailleurs de fonds qui décident. Le risque est donc grand que le nouvel Etat soit élevé dans la dépendance. Ce ne serait pas le premier en Afrique.

Nigerias Präsident Goodluck Jonathan

Goodluck Jonathan lors des primaires au sein de son parti

Election au Nigéria

Au Nigéria l'élection présidentielle a été repoussée d'une semaine. Elle devrait avoir lieu le 16 avril. Pour la première fois dans l'histoire du pays, note la Frankfurter Rundschau, le People's Democratic Party, le parti au pouvoir, aura pour candidat un homme originaire du delta du Niger, Goodluck Jonathan. D'où une situation moins tendue dans cette région pétrolifère. Le journal relate les multiples attaques contre les installations pétrolières, mais aussi la guerre fratricide entre deux frères dont l'un a failli tuer l'autre parce qu'il était membre d'une milice rivale. Cela dit Goodluck Jonathan, estime le journal qui prévoit implicitement sa victoire, Jonathan donc décevra sans doute les immenses espoirs placés en lui. Remettre d'aplomb un pays aussi chaotique que le Nigéria, avec ses 150 millions d'habitants, demandera beaucoup de temps et d'énergie, souligne la Frankfurter Rundschau.

Auteur: Marie-Ange Pioerron
Edition: Fréjus Quenum

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