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Afrique

Les rites funéraires à l'épreuve d'Ebola

En Guinée comme ailleurs en Afrique, il est d'usage, lorsqu'une personne décède, de lui rendre un dernier hommage à travers des cérémonies rituelles. L'épidémie d'Ebola rend cependant les choses plus compliquées.

Pour les musulmans, le défunt doit obligatoirement bénéficier d'une toilette avant de gagner sa dernière demeure

Pour les musulmans, le défunt doit obligatoirement bénéficier d'une toilette avant de gagner sa dernière demeure

Le ministère guinéen de la Santé a interdit le transport des personnes mortes d'Ebola et leur inhumation par leurs proches. « La Guinée vit une période extrêmement difficile de son histoire par rapport à l'apparition de cette épidémie d'Ebola », estime Amara Sidibé, sociologue. « En ce qui concerne le rituel de l'inhumation des corps, nos traditions exigent que les familles accompagnent les dépouilles dans les cimetières. Souvent on organise des rassemblements. Mais face à cette épidémie, des mesures ont été prises pour éviter la contamination. »

L'importance du rite funéraire

Bintou Sylla était une jeune femme de 30 ans. Elle est morte d'Ebola, il y a deux semaines. Sa dépouille n'a pas été rendue à la famille. Aboulaye Soumah est le beau-frère de la défunte. Il avoue que cette mesure n'a pas plu à la famille de Bintou et explique ici l'importance du rite funéraire pour la défunte :

« On ne peut plus toucher le corps donc il ne recevra pas la dernière toilette rituelle. Il n'y aura pas non plus de linceul. Or, c'est tout cela qui est recommandé par la religion musulmane. Et puis nous n'abandonnons pas nos morts. Il faut qu'on sache où est la tombe. Chaque année, des sacrifices religieux sont célébrés par la famille. »

La Côte d'Ivoire n'est pas contaminée par le virus Ebola mais les populations sont déjà sensibilisées

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Pour sa part, Moussa Camara, médecin à l'hôpital Ignace Deen de Conakry, s'insurge contre la pratique des rites funéraires à cause de l'épidémie d'Ebola : « Pourquoi certains essaient de créer des problèmes où il n'y en a pas ? Je pense que c'est un faux débat. S'il est nécessaire que les gens n'accèdent pas au corps contaminé par Ebola, il faut qu'ils acceptent que c'est une mesure préventive pour ne pas propager la maladie. »

Par ailleurs, certains observateurs indiquent que la consigne du ministère de la santé n'est pas toujours respectée. : « Cette loi n'est pas appliquée ! » témoigne Naby Camara. « Une femme et sa fille sont arrivées de Sierra-Leone dans un même véhicule. Elles ont été hébergées par deux familles différentes et elles sont décédées et elles ont reçu toutes les cérémonies funèbres. Aujourd'hui ces deux familles sont en quarantaine. »

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