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International

Les risques d'une intervention étrangère en Syrie

Après une attaque chimique présumée près de Damas le 21 août dernier, les États-Unis, la France et le Royaume-Uni soupçonnent le régime syrien et n'excluent pas une opération militaire, même sans l'aval de l'ONU.

Un combattant de l'Armée syrienne libre près d'un blindé endommagé, sur une route entre Alep et la Turquie

Un combattant de l'Armée syrienne libre près d'un blindé endommagé, sur une route entre Alep et la Turquie

La question de l’usage d’armes chimiques par les belligérants en Syrie divise la communauté internationale. Alors que la Russie estime que ce sont les insurgés les coupables, les capitales occidentales estiment que c’est le régime de Bachar al-Assad.

Des enfants affectés par ce que l'opposition affirme être une attaque chimique

Des enfants affectés par ce que l'opposition affirme être une attaque chimique

Le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague a estimé "possible" de répondre à l'usage d'armes chimiques en Syrie sans l’accord unanime du Conseil de sécurité. Moscou a immédiatement réagi : le Kremlin a formellement mis en garde contre le danger d'une intervention militaire sans aval de l'ONU.

Comme au Kosovo ?

Il existe un précédent : le Kosovo en 1999, quand les Occidentaux avaient mené des frappes aériennes ciblées contre les forces serbes, cela en dépit d'une absence d'un mandat de l'ONU auquel s'était opposé la Russie.

Sébastien Santander, spécialiste des relations internationales et professeur en sciences politiques à l’Université de Liège, en Belgique, rappelle que cette intervention a « eu des répercussions à long terme, par rapport à la crédibilité du droit international, des institutions internationales mises en place au lendemain de la Seconde Guerre mondiale ».

Contourner le blocage onusien

Toutefois, selon le secrétaire américain à la Défense, Chuck Hagel, les États-Unis n'interviendront en Syrie que dans un cadre légal et de concert avec la communauté internationale. Cela devrait rassurer certains analystes, qui voient l’autorité des Nations unies menacée si l’on se passait d’une décision unanime au Conseil de sécurité, à New York.

Le convoi des inspecteurs onusiens a été la cible de tirs ce lundi

Le convoi des inspecteurs onusiens a été la cible de tirs ce lundi

« Si on prend des décisions dans ce sens, on risque d’une certaine manière d’entrer dans un chaos de plus en plus important sur le plan international, avertit le professeur Santander. Puisque qu’à chacun sa décision, à chacun sa guerre finalement, ça c’est le risque qu’on court. »

Favoriser un régime ennemi

De nombreuses voix plaident la prudence avant d’intervenir, rappelant l’exemple de l’Irak, où les États-Unis avaient assuré disposer de preuve de la présence d’armes de destruction massive, et pris la tête d’une coalition internationale pour intervenir contre le régime de Saddam Hussein.

Sébastien Santander explique : « L’intervention en Irak a été plus dommageable qu’autre chose, sur le plan de la stabilité internationale, sur le plan de la refonte des alliances puisqu’aujourd’hui vous avez un gouvernement irakien qui est plus proche de l’Iran que des pays occidentaux. »

Les experts onusiens sur place ont commencé ce lundi à enquêter sur les lieux de l'attaque du 21 août. Bien qu’ils aient été l’objet de coups de feu par des tireurs embusqués, ils ont pu recueillir dans deux hôpitaux des témoignages de victimes.

Écouter l'audio 04:56

Écoutez l'analyse du professeur Sébastien Santander

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