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Le Gabon et le contentieux électoral

"Les résultats des urnes ne suffisent pas"

Au Gabon, après deux semaines de contentieux électoral, la cour constitutionnelle a validé la victoire d'Ali Bongo à l’élection présidentielle du 27 août dernier. Son adversaire Jean Ping dénonce un déni de démocratie.

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"Le défi majeur pour Ali Bongo est de partager le pouvoir"

Jean Ping, l’ancien président de la commission de l’Union Africaine, voit en cette élection d'Ali Bongo - déclaré président élu par la cour constitutionnelle avec 50,66% comme un passage en force et un déni de démocratie. 

"En agissant ainsi, elle a choisi de retirer au peuple gabonais le droit constitutionnel de choisir par le suffrage universel le président de la république. Car le peuple du Gabon ne s’y reconnait pas". Majorité absolue obtenue, dans son premier discours prononcé en direct à la télévision publique, Ali Bongo promet une ouverture dans la gestion de l’Etat et tend la main à l’opposition gabonaise.

"J’appelle donc tous les responsables politiques, y compris les candidats malheureux de la présidentielle du 27 août dernier, à travailler avec moi, dans le respect de nos différences certes, mais animés de la volonté de situer l’intérêt supérieur de la nation au-dessus de nos intérêts particuliers et partisans".

Selon l'analyste politique Dr Modeste Abagha, l’avenir tant pour l’opposition que pour le pouvoir gabonais se situe dans la prise de décisions à tous les niveaux. "Il faut bien comprendre que le résultat des urnes ne peut pas suffire à prendre un pouvoir. Le défi majeur c’est finalement pour Ali Bongo d’arriver à partager le pouvoir, si cela est possible. S’il ne le fait pas, il risque d’aggraver la dissidence. Alors, pour l’opposition il sera d’abord question de rester unie pour avoir une opposition forte. Il sera toujours question de rester sur la même ligne. Celle de revendiquer la place de président élu même si on n’est pas président au pouvoir. Et puis, la deuxième chose c’est de se préparer pour des combats à venir". Ali Bongo quant à lui pourrait prêter serment d'ici deux semaines.

Réactions internationales

Le Secrétaire général des Nations  unies, Ban Ki-moon, "se félicite de l'appel à un dialogue national lancé par le président élu". Mais il souligne que ce dialogue "devra être représentatif de toutes les parties prenantes en faveur de la réconciliation nationale, d'une gouvernance inclusive et de l'adoption de mesures consensuelles pour la tenue d'élections législatives pacifiques et crédibles en décembre 2016".

 La mission d'observation européenne a sévèrement critiqué les travaux de la cour constitutionnelle. Et Bruxelles regrette que la Cour n'ait pas rectifié "de manière satisfaisante les anomalies observées". La réaction de la haute représentante pour les relations extérieures, Federica Mogherini, ne ménage pas le gouvernement. Elle regrette le fait que la mission d'observation n'ait eu qu'un accès "très limité" au processus de traitement des contentieux électoraux. Federica Mogherini regrette aussi que la mission de l'équipe de juristes dépêchée par l'Union africaine "n'ait pu être exploitée davantage".

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