Les Peuls stigmatisés au Mali | Afrique | DW | 17.04.2018
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Afrique

Les Peuls stigmatisés au Mali

Le maire de Koporona, dans le centre du Mali, a publié un arrêté municipal ordonnant aux Peuls de quitter sa commune. Dans la querelle qui les oppose aux Dogons, les Peuls sont accusés de soutenir le terrorisme.

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Haïdara Aminata Sico : "Les gens ont peur des amalgames"

Au Mali, le conflit communautaire entre Dogons et Peuls a pris une tournure plus grave. Etienne Poudiougou, le maire de la petite commune de Koporona, dans le centre du pays, a publié un arrêté municipal dans lequel il ordonne à tous les Peuls de quitter sa commune. Cette décision a été dénoncée par le gouvernement central, à Bamako, et a suscité une large indignation. 

Selon Haïdara Aminata Sico, citoyenne malienne peule, "il y a beaucoup de personnes qui sont parties, les gens ont peur. Ils ont peur des amalgames surtout." Haïdara Aminata Sico dit penser que "le communiqué de l'Etat, va ramener la paix."

En attendant, la panique suscitée par les multiples accusations contre les Peuls n'est pas retombée. La vice-présidente de l'observatoire Kissal, une association qui milite pour les droits des peuples nomades au Sahel a également exprimé son émotion face à l'ambiance délétère qui prévaut dans la petite ville de Koporona depuis la publication de l'arrêté municipal.

Les Peuls sont de tradition nomade. Mais avec les attaques terroristes et la tension sur le plan sécuritaire dans certaines régions du Mali, ils sont indexés par les communautés Dogons qui les associent souvent sur des bases subjectives, aux activités djihadistes.

Un amalgame à combattre

Pour Yaya Traoré, docteur en science politique et spécialiste des questions internationales, c'est un amalgame qui doit être combattu. Celui-ci rappelle que les Peuls "constituent une ethnie très présente dans beaucoup de pays africains, par exemple en Guinée, en Côte d'Ivoire, au Burkina Faso, au Sénégal, en Mauritanie, au Niger et même au Cameroun."

Des figures importantes de la communauté peule malienne à l'instar de Haïdara Aminata Sico s'engagent dans la sensibilisation. Pour elle, le Mali "n'a pas vraiment besoin de ça. Il y a tellement de problèmes dans le centre aujourd'hui avec le terrorisme. Si des conflits intercommunautaires viennent s'y ajouter, cela va nous amener d'autres problèmes... Nous sommes des frères. On n'a pas le choix. Nous devons cohabiter."   

Le gouvernement malien a annoncé dimanche (15.04.) que des poursuites avaient été engagées à l'encontre du maire de Koporona, cette commune rurale du cercle de Koro dans le centre du pays où des dizaines de personnes ont péri dans de récents affrontements entre les communautés peules et dogons.

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