Les Peuls et les Dogons invités à enterrer la hache de guerre | Afrique | DW | 17.04.2018
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Afrique

Les Peuls et les Dogons invités à enterrer la hache de guerre

Au Mali, les Peuls sont de plus en plus stigmatisés par les Dogons et sont traités de terroristes. Un racisme politisé qui vient aggraver un vieux conflit. Zahabi Ould Sidi Mohamed plaide pour un dialogue.

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"Tous les Maliens ont conscience qu’il faut garder l’unité" (Zahabi Ould Sidi Mohamed, ancien ministre de la Réconciliation)

Les Peuls sont de plus en plus stigmatisés par les Dogons au Mali avec qui ils entretiennent une ancienne rivalité. Désormais, les Peuls sont traités de terroristes, parfois considérés comme complices des djihadistes dans un pays où le climat sécuritaire est tendu. Un racisme politisé qui donc vient aggraver un vieux conflit.

L’ancien ministre malien de la Réconciliation et actuel directeur de la Commission nationale de désarmement, démobilisation et de réinsertion (CNDDR), Zahabi Ould Sidi Mohamed, encourage le dialogue entre les deux communautés. 

 

Zahabi Ould Sidi Mohamed : "Les Dogons sont des agriculteurs, les Peuls ce sont des éleveurs. Il y a toujours ce conflit entre ces deux modes de production. C’est-à-dire l’élevage et l’agriculture. Mais vraiment je ne crois pas qu’on puisse affirmer qu’il y a un problème entre ces deux communautés, qui ont toujours vécu ensemble et qui ont occupé le même espace."

DW : Mais aujourd’hui justement, certaines populations du Mali comparent les Peuls à des terroristes ou les accuse encore d’être de connivence avec des djihadistes. Pourquoi est-ce qu’on les stigmatise ? Parce qu’ils sont musulmans ?

Zahabi Ould Sidi Mohamed"Je ne crois pas que les Peuls soient stigmatisés comme des terroristes. Non c’est trop dire. Mais il y a toujours des gens qui veulent aggraver les conflits. Et je ne crois pas que ce soit la bonne manière de ramener la paix dans toute cette zone, dans le sahel. Il faut engager toutes les personnes de bonne volonté et de bonne foi à commencer un dialogue communautaire, à aplanir toutes les difficultés et à trouver des solutions consensuelles parce que ces communautés ont vécu pendant des siècles ensemble en parfaite harmonie. Tous les Maliens ont conscience qu’il faut garder l’unité de leur pays et tous les Maliens veulent qu’il y ait la stabilité et la sécurité. En tout cas la grande majorité."

DW : Est-ce qu’il sera un jour envisageable de désarmer les Dogons qui utilisent leurs armes quand ils sont en conflit avec les Peuls. 

Zahabi Ould Sidi Mohamed : "Il n’y aura pas un désarmement uniquement orienté vers une seule communauté. S’il y a un désarmement par localité, il va concerner tout le monde. Sans distinction. Ça ne va pas viser uniquement les Peuls, ou uniquement les Dogons, ou uniquement les Touaregs ou les Arabes. Donc s’il y a une mesure, c’est clair, je peux vous garantir qu’elle concernera l’ensemble des citoyens de cette zone ou de ces localités avec une égalité dans la mise en œuvre. Il n’y a pas un acharnement contre telle ou telle communauté."

 

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