Les perdants de l′austérité | Allemagne | DW | 08.06.2010
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Allemagne

Les perdants de l'austérité

Le plan de rigueur qui vise à faire économiser 80 milliards d'euros d'ici 2014 à l'Allemagne prévoit notamment des coupes dans les dépenses sociales mais épargne les hauts revenus. Une injustice selon l'opposition.

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Le "paquet d'épargne", traduction littérale du plan de rigueur allemand

Comme l'a déclaré hier le vice-chancelier Guido Westerwelle, « on ne peut pas économiser 80 milliards d'euros avec un coupe-ongle ». La coalition a donc pris son stylo rouge. Mais les corrections ne touchent pas tous les Allemands de la même façon. Les chômeurs, et surtout les chômeurs de longue durée, sortent ainsi grands perdants de ces négociations budgétaires.

Ursula von der Leyen nach Hartz-IV-Urteil

Ursula von der Leyen est l'initiatrice du Elterngeld, destiné à favoriser la natalité en Allemagne.

En 2005, ils avaient déjà fait les frais des réformes de l'Agenda 2010 de l'ancien chancelier Gerhard Schröder avec l'instauration d'une allocation unique d'environ 350 euros mensuels, communément appelée « Hartz IV ». Le projet de budget 2011-2014 prévoit de supprimer la contribution de l'Etat à leur cotisation retraite, afin d'économiser près de deux milliards d'euros par an. Et alors que les jeunes familles vont voir l'allocation parentale légèrement diminuer, les allocataires de Hartz IV, eux, n'y auront plus droit du tout. Une mesure qu'a tentée de défendre Ursula von der Leyen, actuelle ministre du Travail et, surtout, initiatrice de l'allocation parentale :

« Les chômeurs de longue durée sont déjà pris totalement en charge par l'Etat et a fortiori leurs enfants aussi. Donc nous leur supprimons l'allocation parentale, c'est vrai, mais d'un autre côté, nous leur donnons beaucoup plus en renforçant notre soutien à l'éducation des enfants de chômeurs longue durée afin de leur permettre d'aller à l'école, de faire de la musique, du sport. Donc c'est le bon investissement pour que ces enfants démarrent bien dans la vie et c'est pour cela que nous avons mis l'accent là-dessus. »

Haushaltsklausur im Kanzleramt 6. Juni 2010

Guido Westerwelle a de quoi se réjouir face à Angela Merkel : sa clientèle est épargnée par l'austérité.

La suppression de l'allocation parentale pour les chômeurs de longue durée devrait rapporter 400 millions d'euros.

La griffe libérale

Les gagnants de l'austérité sont les hauts revenus : les libéraux ont manifestement réussi à imposer de ne pas toucher au seuil d'imposition maximal de 42%, ni à la TVA. Comme on pouvait s'y attendre, le plan de rigueur a provoqué une volée de bois vert dans les rangs de l'opposition. Sigmar Gabriel, patron des sociaux-démocrates :

« Si on exagère un tout petit peu, on peut dire : maman a programmé sur sa machine à laver un lavage doux pour les riches et la clientèle du FDP, mais un essorage pour les chômeurs, les familles et aussi les villes et communes. »

A noter que des critiques se font entendre au sein même des partis conservateurs, dont certains dénoncent des mesures « socialement déséquilibrées ». Outre la consolidation des finances publiques, le plan de rigueur visait aussi à consolider la coalition d'Angela Merkel... il n'est pas sûr que l'objectif soit atteint.

Auteur : Anne Le Touzé
Edition : Marie-Ange Pioerron