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Afrique

Les orphelins de Daesh

En Libye, le Croissant rouge accueille à Misrata des dizaines d'enfants dont les parents, membres de l'État islamique, sont morts dans des combats.

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"Ils étaient introvertis parce qu'ils ont connu la guerre"

Mardi (10 octobre), un enfant tunisien, dont les parents sont morts en combattant auprès de l'Etat islamique, a été rapatrié dans son pays. Agé de trois ans, il a passé plus d'un an dans une prison à Tripoli. D'autres attendent encore, comme à Misrata, où le Croissant rouge a transformé un centre réservé aux formations en orphelinat.

Celui-ci accueille des enfants dont les parents, membres de l'Etat islamique, sont décédés lors des combats à Syrte, entre les forces loyales au gouvernement d'Union nationale et les terroristes. Le groupe Etat islamique a perdu, en décembre dernier, son fief de Syrte. Les enfants, eux, ne savent toujours pas quel sera leur avenir. 

Un centre de formation reconverti

Des murs décorés de fils roses et bleus, des matelas au sol, une télé où passe un dessin animé. L'orphelinat a été mis en place à la hâte et cela se voit. Les enfants, pourtant, n'ont pas l'air malheureux. Ils demandent des câlins et appellent les membres du Croissant rouge "tonton”.

Ali Ghwell est l'un des tontons des orphelins de Misrata

Ali Ghwell est l'un des "tontons" des orphelins de Misrata

Ils sont aujourd'hui 24, âgés de neuf mois à douze ans, originaires en majorité d'Egypte et de Tunisie. Les enquêtes menées auprès des enfants eux-mêmes et des prisonniers de l'Etat islamique ont permis de découvrir les prénoms et les nationalités des plus petits, incapables de s'exprimer.

Ainsi, certains ont déjà pu retrouver leur famille. Car au début, le Croissant rouge avait recueilli 60 enfants. "Nous sommes entrés en contact avec les familles des enfants libyens, elles ont repris leurs enfants", explique Ali Ghwell, le porte-parole de l'ONG. 

"Le Soudan a également repris ses petits ressortissants. Mais pour les Egyptiens et les Tunisiens, le gouvernement d'Union nationale a contacté leurs gouvernement mais il n'y a pas eu de réponse.”

Des enfants traumatisés

En attendant, le Croissant rouge a du parer au plus pressé. A commencer par les soins médicaux. "Quand les enfants sont arrivés de Syrte, certains été blessés, avaient perdu leur main ou une partie de leur corps”, affirme Ali Ghwell.

Des bébés âgés de deux mois à l'époque ont été retrouvés dans les décombres de bâtiments à Syrte. D'autres enfants ont été blessés dans les bombardements. Un petit garçon, toujours présent dans le centre, a ainsi été amputé au dessus du coude.

Des blessures visibles, d'autres invisibles

Des blessures visibles, d'autres invisibles

Les enfants ont également subi des traumatismes psychologiques. C'est pourquoi le Croissant rouge n'a pas autorisé la Deutsche Welle à les interroger même si nous avons pu les rencontrer.

Youssef Ali, le responsable du centre, affirme qu'à leur arrivée, le comportement des enfants était étrange. "Ils étaient introvertis. C'est parce qu'ils ont connu la guerre. Ils avaient des habitudes liées à cela, comme manquer de nourriture. Entre eux, ils s'appelaient Abu Ali, Abu Mosab...”

Les surnoms de guerre de leurs pères ont rapidement été oubliés. Si ces enfants semblent aujourd'hui en bonne santé, ils ne sont pas scolarisés. Le Croissant rouge espère que les pays de ces enfants prendront rapidement leurs responsabilités.

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