Les opérations douanières surveillées par des militaires au Tchad | Afrique | DW | 12.01.2018
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Afrique

Les opérations douanières surveillées par des militaires au Tchad

Le gouvernement veut lutter contre les détournements d'argent lors des opérations aux douanes. Un dispositif conséquent est mis en place.

C'est une nouveauté, mise en place le 10 janvier dernier. Le gouvernement tchadien fait désormais appel à la garde présidentielle pour sécuriser les recettes douanières. Une opération dénommée « zéro déperdition » où toutes les opérations douanières sont désormais controllées, afin de réduire les détournements d'argent. L'opération est appuyée par un contingent de 500 éléments de la garde présidentielle d'appui aux régies.

Déployés sur l'ensemble du pays, ces militaires disposent d'un numéro vert, le 700, pouvant permettre aux commerçants et transitaires de dénoncer tout acte de corruption. "Il est inadmissible qu'un pays comme le Tchad n'enregistre que 100 milliards de nos FCFA de recettes douanières par an", déplore Abdoulaye Fadoul Sabre, le ministre des Finances et du Budget. Et d'appeler transitaires et commerçants à contacter les éléments de la force d'appui aux régies sur le numéro vert 700 en cas de besoin. "Ils seront à votre disposition", insiste le ministre.

Crise financière

Derrière cette opération, le gouvernement cherche à dépasser la crise financiére que traverse le pays. "Aujourd'hui, nous n'avons plus de recettes pétrolières, et le Tchad n'arrive pas à payer les fonctionnaires sans l'aide des partenaires", explique Abdoulaye Fadoul Sabre. "Regardez les pays comme le Mali, le Niger ou le Burkina, ce sont tous des pays enclavés comme le Tchad. Mais ils font plus de trois cent ou quatre cent milliards de francs CFA de recettes douanières. C'est simplement par ce que dans ces pays, les recettes douanières vont au trésor public et non dans les poches des individus", insiste-t-il. 

Mais au Tchad, tout le monde n'est pas convaincu. Le sécrétaire général de la Cltt, la conféderation libre des travailleurs du Tchad, estime que la mission d'un militaire n'est pas de contrôler les activités douanières. Et qu'il ne suffit pas de sécuriser juste les recettes douanières pour arrêter les détournements d'argent dans tous les pays. "Vous savez, tous les départements font des recettes, mais malheureusement ça part dans les poches des directeurs et des ministres même", estime Brahim Ben Seid. "Le train de vie de l'Etat est très élevé, c'est pourquoi on a des problèmes".

Des précédents sans résultats escomptés

Brahim Ben Seid estime la valeur du parc automobile gouvernemental à 5 milliards les dépenses annuelles. "L'entretien coûte un milliard sept cent millions par an. Et le gouvernement a nommé plus de dix milles personnes décrétées qui ne sont pas des fonctionnaires." Un autre manque à gagner pour l'Etat selon lui. 

Au Tchad, plusieurs institutions ont été crées pour lutter contre la corruption et détournement des derniers publics, tel le fameux COBRA en 2015, du ministère de la moralisation ou l'Inspection Générale de l'Etat qui ont disparu après leur création sans résultats escomptés.