Les magistrats du Gabon en grève illimitée | Afrique | DW | 15.12.2017
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Afrique

Les magistrats du Gabon en grève illimitée

Les magistrats gabonais ont entamé une "grève générale illimitée". Ils exigent la démission du ministre de la Justice Francis Nkéa Ndzigue qui a accusé publiquement des juges de "corruption". 

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"La grève générale est illimitée jusqu'au départ du ministre"

Dans le hall du tribunal de Libreville, plusieurs usagers sont présents, ils sont venus soit pour régler une affaire personnelle, soit pour suivre le dossier d'un parent en détention provisoire. Mais cela ne se fera pas ce matin en raison d'une grève illimité des magistrats, constate et déplore Achille Nguia, venu s'enquérir du dossier de son frère aîné.

"Je suis au tribunal pour essayer de faire des papiers pour mon parent qui est en détention préventive. Mais hélas, j'arrive et c'est la déception totale car les magistrats sont en grève. On est là, on attend. On est dans l'expectative. Une situation embarrassante pour moi, pour cette fin d'année pour mon parent."

Fait inédit, les magistrats gabonais en grève exigent le départ du ministre de la Justice.

Atteinte à l'indépendance de la justice

La querelle fait suite à la volonté du Garde des sceaux de traduire en conseil de discipline un juge suite à une décision dans une affaire où le ministère soupçonne un cas de corruption. Pour le Syndicat des magistrats gabonais, cela constitue une atteinte à l'indépendance du juge.

"Ce matin, effectivement, nous avons reçu encore quelques usagers et quelques justiciables au sein du tribunal, explique Justin Loundou vice-président du Synamag. Nous avons fait preuve de pédagogie. Nous leur avons fait comprendre que la maison était désormais fermée. La grève générale est illimitée jusqu'au départ du ministre. Donc vers les 11h, les usagers commençaient à repartir chez eux. Et comme vous le constatez, il n'y a plus personne au tribunal. Tous les cabinets d'instruction sont fermés. Le parquet est également fermé. Et il ne s'agit pas seulement de Libreville. Sur toute l'étendue du territoire, toutes les juridictions sont fermées."

Le ministre de la Justice déterminé

Le ministère de la Justice réfute les accusations d'ingérence du pouvoir exécutif dans le pouvoir judiciaire. En retour, il insiste sur des sanctions disciplinaires accompagnées de la suspension du jeune juge de 25 ans, lequel aurait autorisé la mise en liberté du présumé cerveau d'un réseau de trafiquants d'ivoire, pourtant sous le coup d'un mandat d'arrêt international.

"Pour ma part, je peux vous rassurer que je ne faiblirai pas et que ce juge, en dépit de ses grimaces, sera bel et bien traduit devant le conseil de discipline pour répondre des faits qui lui sont reprochés", déclare Maître Francis Nkea, ministre de la Justice du Gabon.

Le conflit agite Libreville depuis le début de semaine. Les magistrats du Gabon annoncent même leur intention de porter plainte contre le Garde des sceaux "pour outrage, injures et diffamation".

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