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Allemagne

« Les lieux du crime à Berlin »

Depuis 2001, le bureau de consultation « Reach Out » tient une chronique des agressions racistes, antisémites et homophobes perpétrées à Berlin. L'association a mis sur pied une exposition qui illustre ces attaques.

A cet arrêt de métro, un homme de 55 ans s'est fait injurier et attaquer par deux jeunes

A cet arrêt de métro, un homme de 55 ans s'est fait injurier et attaquer par deux jeunes

Depuis 12 ans, plus de 1400 attaques racistes, antisémites ou homophobes ont été recensées dans la seule ville de Berlin. Un chiffre publié par le bureau de consultation « Reach Out » qui tient une chronique de ces agressions, conseille les victimes, et fait un travail de prévention. Pour sensibiliser les Berlinois à ce qui se passe tous les jours dans leur ville, l'association a mis sur pied une exposition de photos, « Berliner Tatorte », autrement dit « les lieux du crime à Berlin », qui est à voir à la « Topographie de la Terreur » jusqu'au 24 août.

A côté des photos en noir et blanc, une date, un lieu, une description sommaire de l'agression, et la source des informations. La description, c'est celle de la chronique que tient « Reach Out » depuis plus de 10 ans. Sabine Sey travaille pour l'organisation depuis sa création en 2001:

« Pendant des années, nous avons présenté notre chronique, mais nous avons constaté que c'était beaucoup de papiers, que les déclarations étaient très froides, très austères…et qu'il était difficile de s'imaginer les agressions à partir de ces quelques lignes. Quand nous avons voulu toucher un autre public que ceux qui sont déjà engagés dans la lutte contre le racisme et l'extrême-droite, nous avons eu l'idée de cette exposition.

Ici, une femme s'est faite injuriée par un chauffeur de bus

Ici, une femme s'est faite injuriée par un chauffeur de bus

Ensuite on a longuement discuté avec le photographe sur la manière dont on pouvait représenter ces attaques sous forme d'images, tout en préservant la dignité des victimes. Nous ne voulions pas de visages en sang, de lieux où des traces de l'agression étaient encore visibles. Nous voulions trouver une forme qui aide à se souvenir que ceci se passe tous les jours, mais sans que les victimes ne soient de nouveau humiliées ou traumatisées.»

Chaque année, et quelle que soit le nombre d'agressions, Jörg Möller prend trente nouvelles photos avec une règle essentielle:

« J'attends aussi longtemps qu'il le faut pour qu'il n'y ait personne ou presque personne sur les lieux pour faire la photo, ou en tout cas personne d'identifiable. D'abord pour que l'on puisse mieux s'imaginer la scène de l'agression, et parce que s'il y a des gens sur les photos, on va forcément les mettre en lien avec l'agression. »

En 2013, 185 attaques ont eu lieu à Berlin, 185 recensées par « Reach Out ». Or comme le dit Sabine Seyb, l'association sait qu'elle ne sait pas tout.

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