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Afro-presse (hebdomadaire)

Les journaux allemands et l'Afrique

Parmi les thèmes qui ont intéressé les éditorialistes : le sommet de l'UA, le Mali, Etienne Tshisekedi et le football.

Symbolbild deutsche Presseschau Presse (picture-alliance/dpa)

L'Afropresse est une revue de presse hebdomadaire consacrée aux thèmes relatifs à l'Afrique à travers la presse allemande de la semaine qui vient de s'écouler. Et on commence par ce qui a transpercé dans les journaux d'ici au sujet du sommet de l'Union africaine d'Addis Abeba.
 

Der Tagesspiegel, d'abord, qui brosse le portrait de Moussa Faki Mahamat, le Tchadien choisi pour présider la Commission de l'Union africaine. Moussa Faki Mahamat, longtemps chef de la diplomatie de son pays, n'a jamais dévié de la ligne du parti au pouvoir au Tchad. L'avantage, estime le Tagesspiegel, c'est que le bilan de sa prédécesseuse ne sera pas trop lourd à porter : hormis son engagement en faveur des droits des femmes, Nkosazana Dlamini-Zuma n'a attiré que des jugements assez négatifs, notamment au sujet de l'Agenda 2063 pour l'Afrique, qui prévoit que le continent ne sera prospère et en paix qu'à cette date lointaine.

Mais le quotidien berlinois rappelle aussi que si l'Union africaine a pris le fonctionnement de l'Union européenne pour modèle, elle est structurellement beaucoup plus faible : « malgré ses 54 Etats membres, elle ne dispose que d'un budget équivalent à une ville moyenne allemande de 50 000 habitants », écrit le journal.


Pessimisme pour le Mali


La Süddeutsche Zeitung s'intéresse, elle, au retour du Maroc au sein de l'UA. Mais c'est plus un entrefilet qu'un long commentaire que la SZ consacre au conflit entre le Maroc et le Front Polisario au Sahara occidental, et à la nécessité, pour le royaume chérifien de s'engager au respect des principes de l'Union pour pouvoir de nouveau en faire partie.

La Süddeutsche Zeitungconsacre en revanche un long article à la situation compliquée au Mali. Elle explique à ses lecteurs allemands le putsch de 2012, les missions Minusma et Barkhane au Sahel... parce que la Bundeswehr va envoyer des soldats supplémentaires sur place, pour participer aux missions de formation, mais aussi aux combats. Or la SZ ne se montre pas très optimiste quant au règlement rapide de la crise malienne, en s'appuyant sur l'analyse de Denis Tull, de l'IRSEM à Paris. Selon lui, seule l'application des accords d'Alger permettra de rétablir la stabilité dans le nord sur le long terme. Et là le chercheur rejette la responsabilité de l'échec de ces deux dernières années sur le gouvernement malien, qui encaisse les aides étrangères sans lancer les réformes nécessaires. Par ailleurs, toujours selon Denis Tull, une partie de l'élite de Bamako profite des trafics qui fleurissent dans le nord et a un intérêt direct au maintien du statu quo.


La mort du Sphynx de Limete


die tageszeitungrevient sur le deuil des habitants de Limete, le quartier d'Etienne Tshisekedi à Kinshasa. Les reporters de die taz décrivent les larmes des fidèles du leader de l'UDPS disparu mercredi à l'âge de 84 ans, l'autel dressé à l'entrée de sa concession par la famille, où les photos, les bougies et les fleurs s'accumulent. Le journal retrace le parcours politique d'Etienne Tshisekedi, « l'un des premiers à oser élever la voix contre le brutal dictateur Mobutu Sese Seko, dans le Zaïre des années 1980 » puis, à l'introduction du multipartisme, qui est passé du statut de chef du plus grand parti d'opposition à celui de Premier ministre en 1992. Un reportage qui remet en mémoire la carrière du chef de l'UDPS jusqu'à son « retour triomphal à Kinshasa en juillet 2016 », dans lequel on peut lire la peine de jeunes Congolais qui déclarent « son corps est mort mais pour nous, il reste immortel » mais aussi les craintes que la disparition du Sphynx suscite pour l'avenir politique en RDC.


« Fatale négligence de malades »…

…  c'est le titre choisi par la Frankfurter Allgemeine Zeitung pour alerter sur des mauvais traitements subis par des patients dans un hôpital psychiatrique sud-africain. L'histoire se passe dans la province Gauteng, où les services de santé ont décidé d'économiser de l'argent. Comment ? Eh bien notamment en répartissant 1 300 patients sur 27 structures inadaptées qui ne disposaient même pas de licence thérapeutique. Là, ils ont dû endurer la sous-alimentation, on leur a administré des traitements qui ne correspondaient pas à leurs besoins, ils ont subi parfois des opérations indues ou ont été simplement délaissés. Un rapport a été publié qui dénonce cette situation qui a conduit, entre mars et décembre 2016, à la mort de 94 de ces malades… et, pour le moins, à la démission du Premier ministre et de la ministre de la santé de la province concernée.

 

Et le football dans tout ça?


Un mot de football avant de terminer. La CAN a été l'occasion aussi pour la presse allemande d'analyser l'état du foot africain… peu reluisant à en croire la Frankfurter Allgemeine Zeitung.

« Le football d'Afrique sur la pente descendante », voilà le titre choisi par la FAZ qui publie une interview avec Otto Pfister, entraîneur et sélectionneur de nombreuses équipes en Asie et en Afrique - dont celles du Togo, du Cameroun ou des jeunes du Ghana, avec qui il a décroché le titre de champion du monde des moins de 17 ans en 1991. Il critique les méthodes de recrutement en Europe de jeunes joueurs africains, qu'il compare à l'élevage intensif de poulets. Dans les centres d'entraînement, « on leur apprend à bien s'exprimer, à manger avec un couteau et une fourchette. On leur apprend comment jouer en renonçant aux actions individuelles sur le terrain ». Un formatage, qui, selon lui, nuit à la spontanéité de leur jeu. Autre critique formulée par Offto Pfister : le clanisme qui persiste en Afrique et complique le recrutement d'entraineurs locaux pour les équipes du continent.

 

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