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Vu d'Allemagne

Les « indignés » défient le Goliath de la finance

En une des journaux allemands, la mobilisation des « indignés » à travers le monde. Samedi, ils étaient des centaines de milliers à manifester dans plus de 80 pays contre la crise et la finance mondiale.

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A Francfort, ils étaient plus de 5.000 à « occuper » la Banque centrale européenne

« Quel 15 octobre ! » se félicite la tageszeitung. Jamais encore on n'avait vu autant de manifestations dans autant de villes du monde, pas même lors du mouvement de protestation contre l'invasion de l'Irak en 2003. La journée de samedi marque-t-elle une renaissance des altermondialistes ? Non, estime le journal, du moins pas en Allemagne. Les manifestants ne sont pas anticapitalistes, mais principalement issus de la classe moyenne. Ils sont animés par un souhait commun : celui de comprendre la crise.

Die Welt évoque un grand malaise en Allemagne, un sentiment diffus d'angoisse. Mais contrairement aux Etats-Unis, à l'Espagne ou à l'Italie, la crise est encore très virtuelle : on est loin du chômage de masse, les prix sont relativement stables, le niveau de vie est bon et le système social fonctionne encore bien. Selon le journal, ce sont de bonnes conditions pour garder la tête froide. Il serait dommage de tomber dans le ressentiment et de transformer les mouvements d'indignés en rassemblements de nostalgiques du communisme.

Occupy Wall Street Proteste in London Großbritannien

Selon le réseau 15october.net, des rassemblements étaient prévus dans au moins 951 villes à travers 82 pays

Pour la Süddeutsche Zeitung, c'est le combat de milliers de David contre le Goliath de la finance. La contestation est l'expression d'une profonde déception. En 2008, lorsque les Etats ont injecté des milliards pour sauver les banques, de nombreux citoyens ont cru à un mea culpa du capitalisme. Ils ont été trompés : les banques ont pu continuer leur petit jeu comme avant, avec les mêmes méthodes qui avaient conduit à la crise financière. Aujourd'hui, les David du monde ne veulent plus assister, impuissants, au sauvetage du capitalisme financier. Ils réclament une politique internationale de régulation.

Les responsables politiques réunis à Cannes pour le sommet du G20 vont devoir prendre en compte l'ampleur de la mobilisation, estime la Frankfurter Allgemeine Zeitung. Même si, en y regardant de près, la masse des protestataires n'a pas été aussi importante que ne le laissent entendre les chiffres globaux, les indignés font pression pour une régulation des banques et une meilleure discipline des marchés financiers. Le quotidien rappelle toutefois que les banques ne sont pas les seules fautives et appelle la classe politique à assumer ses responsabilités. La crise de la dette, en effet, est apparue parce qu'on a fait aux électeurs des promesses impossibles à financer.

Auteur : Anne Le Touzé
Edition : Carine Debrabandère

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